Savigny – Le Conseil communal autorise la Municipalité

à acheter l’Hôtel-restaurant des Alpes

Conseil communal du 5 octobre 2020

Jean-Pierre Lambelet | Comme lors des précédents conseils covidiens, la séance a lieu au Forum avec la distanciation et les masques nécessaires pour se protéger. Le président, Christian Aeschlimann, ouvre un ordre du jour comprenant 3 préavis municipaux. Le préavis municipal 07 / 2020 demandant un crédit de Fr. 532’000.- pour la mise en conformité et la reconstruction du réservoir des Planches. Ce réservoir construit en 1912 nécessite d’importants travaux d’entretien et de mise en conformité selon les directives techniques actuelles. Après une analyse détaillée des options possibles, il s’avère que les coûts de remise en état sont identiques à ceux d’une nouvelle construction répondant aux exigences d’un réservoir moderne. Après la lecture du rapport favorable de la commission chargée d’étudier ce dossier, du rapport de la commission des finances et diverses interpellations et demandes de renseignements, le Conseil accepte d’autoriser la Municipalité à entreprendre les travaux de démolition - reconstruction qui dureront environ 5 mois et d’emprunter le montant nécessaire à son financement.

Le préavis municipal 08 / 2020 demandant un crédit de Fr. 71’400.- pour l’assainissement du quartier de Tantérine en construisant un
collecteur d’eaux usées de 925m de long a également été accepté après la lecture favorable de la commission ad hoc, y compris le financement
comprenant une participation des propriétaires bordiers qui se relieront au nouveau collecteur.

Le préavis municipal 10 / 2020 demandant un crédit de Fr. 2’060’000.- pour l’achat et la rénovation intérieure de l’Hôtel-restaurant des Alpes à la route d’Oron 1 à Savigny découle des faits suivants : le 27 juillet 2020, le propriétaire annonçait à la Municipalité la fermeture définitive de son établissement qui avait déjà fermé lors des restrictions dues à la pandémie du coronavirus. Durant l’été, plusieurs contacts ont été pris avec le propriétaire afin de connaître les alternatives envisageables pour une reprise des activités de restauration et d’hôtellerie dans un futur proche. Il s’est avéré que la seule option pour le propriétaire était la vente de l’ensemble de l’objet. Dans ce contexte et dans la perspective d’un achat, la Municipalité a commandé une expertise immobilière afin de déterminer la valeur vénale du bien. Vu la situation stratégique de la parcelle et le souhait de l’exécutif de maintenir une offre de restauration traditionnelle au centre du village, la Municipalité a présenté une offre auprès du propriétaire. Celle-ci a été acceptée par ce dernier le 23 septembre 2020. De ce fait, la Municipalité propose au Conseil communal l’achat de cet immeuble construit en 1870 sur une parcelle de 907 m2 avec un volume du bâtiment de 3110 m3 sur trois niveaux hors-sol, un sous-sol et des combles, ainsi que des places de parc. Le restaurant comprend une salle de 40 places, un café de 40 places et une salle pour le petit-déjeuner de 25 places. Il y a aussi 8 chambres avec salles d’eau et un appartement de 3.5 pièces. L’état général du bâtiment est bon et ne nécessite pas de gros travaux, sauf pour les revêtements des sols et des murs du rez-de chaussée. La commission chargée d’étudier ce préavis relève le caractère urgent de ce préavis qui a pour but principal de garder ouvert le dernier restaurant du village ainsi que le seul hôtel, d’avoir la maîtrise de quel genre de restaurant et qui le gèrerait et de saisir une opportunité de relancer la vie sociale de la commune. L’immeuble représente une dépense de Fr. 1’560’000.- et une expertise faite par une société extérieure prévoit un montant de Fr. 500’000.- pour des rénovations et transformations. La commission aurait aimé un préavis plus étoffé vu qu’il y a encore des incertitudes quant à l’avenir, mais le risque ne semble pas trop élevé vu qu’il s’agit de l’achat d’un bien immobilier et non une reprise d’activité. Au final, quatre membres de la commission recommandent d’accepter ce préavis et un membre le refuse. De ce fait, le conseiller André Peissard présente un rapport de minorité arguant qu’il y a trop de points ouverts dans le préavis, il manque des éléments d’information sur les plans technique et financier pour pouvoir se prononcer sereinement. Il propose de le refuser et de le renvoyer à un prochain Conseil. Le rapport de la commission des finances reprend aussi des éléments précités et dans un premier temps, elle aurait aussi aimé plus de détails, mais cependant le degré d’urgence contraint d’en délibérer lors de ce Conseil du 5 octobre. Sur le plan financier, cet achat est une opportunité avec des risques estimés comme faibles et maitrisables, avec une possibilité de revente existante. Les finances communales ne seraient pas en péril avec cet achat que l’on doit considérer comme un investissement et les charges liées n’auraient pas de répercussion sur le taux d’imposition puisque répercutées sur le loyer de l’exploitant. Dans le but de ne pas compromettre l’acquisition de ce bâtiment, élément important de la vie villageoise de Savigny, la commission des finances propose les amendements suivants :

1. Accorder à la Municipalité un crédit de Fr. 1’560’000.- pour l’achat de l’immeuble

2. Demander à la Municipalité de présenter un préavis sur le concept d’exploitation de la future auberge communale et un projet de rénovation, tous deux chiffrés, dans les 6 mois au maximum, soit avant la fin de la législature actuelle

3. D’admettre le mode de financement

4. D’autoriser la Municipalité à emprunter pour financer le crédit sollicité

5. De donner à la Municipalité les pouvoirs et l’auto-risation de signer tout acte en relation avec l’acquisition du bien.

Les conseillères et conseillers ont longuement débattus et aussi combattus ce préavis municipal, mais au final, c’est le préavis amendé par la commission des finances qui a été accepté par 24 voix favorables, 16 voix défavorables et 7 absentions. 5 conseillers demandent la possibilité de faire un référendum suite à cette votation, mais la demande de référendum est refusée par 40 voix contre, 8 pour et 2 abstentions. Ainsi la Municipalité, avec à sa tête la syndique Chantal Weidmann Yenny qui a défendu avec pertinence le préavis, peut aller de l’avant pour tenter de retrouver le niveau d’excellence de cet ambassadeur de la bonne gastronomie et de l’accueil que l’hôtel-restaurant des Alpes a véhiculé pendant de nombreuses années. Dans les communications municipales, on peut relever que Gilbert Regamey et Louis Pipoz ne se représenteront pas comme candidats à la Municipalité lors des prochaines élections.