Lutry – Des locataires en détresse

Une trentaine de locataires (dix-sept ménages) du chemin des Villas 8 et 14 à Lutry, appelés à quitter leurs foyers dans l’urgence d’ici la fin de l’année, vivent dans la plus grande incertitude. En cause : un glissement de terrain qui menace la stabilité de deux immeubles dans lesquels ils vivent. Les résidents se sentent abandonnés. Certains expriment de la colère devant l’indifférence apparente de la régie qui, à ce stade, ne leur a, selon eux, proposé ni dédommagement, ni aide pour se reloger.
Selon l’enquête de 20 minutes, qui a révélé l’affaire à la fin de la semaine dernière, dans un courrier adressé aux locataires le 17 septembre, la régie évoque des « désordres majeurs » dans le premier bâtiment, ainsi que la présence de fissures touchant des éléments de structure porteuse dans le second. Des travaux de stabilisation ont bien été ordonnés, mais les habitants éprouvent un lourd sentiment d’insécurité qui s’ajoute au stress d’un possible déménagement précipité.
Interrogée par nos confrères, la Municipalité indique n’avoir été informée de la situation qu’à la fin août. Elle dit avoir ordonné au propriétaire de sécuriser le secteur d’ici au 31 décembre 2026, un mouvement de 0,5 à 0,8 millimètre par mois, ayant été mesuré. A défaut, « l’autorisation d’habiter sera retirée ». De son côté, le propriétaire, par la voix de son avocat, souligne que des mesures de sécurisation ont bien été prises. Mais il n’exclut pas qu’une dégradation soudaine puisse « précipiter l’évacuation des résidents. »
Le propriétaire et la régie assurent appuyer les candidatures de leurs locataires auprès d’autres gérances et indiquent avoir accordé des « facilités de départ », sans que l’on sache, cependant, la nature de ces mesures. Des engagements qui sont loin de rassurer les locataires. Au moment où ces lignes sont écrites, ils affirment n’être informés de rien. Leur indignation est d’autant plus vive que plusieurs appartements auraient encore été reloués ces huit derniers mois.
Interrogée par la RTS, qui a mené sa propre enquête, Carole Wahlen, avocate spécialisée en droit du bail et de la construction, estime que les locataires seraient en droit de demander une indemnisation pour le préjudice subi, s’il s’avère que le problème est bien préexistant. « Si le locataire doit aller à l’hôtel ou déménager, par hypothèse, il devra être remboursé de ces frais-là », a-t-elle expliqué.
Les services cantonaux ont également été saisis du dossier afin de décider s’il fallait ou non informer les habitants des immeubles voisins.


