Les proches aidants : une évidence

Cette année a vu naître un élan de solidarité inouï. Au-delà des générations et des classes sociales, les citoyens de tout le pays se sont mobilisés pour affronter une situation sans précédent. 

La Résidence de La Faverge à Oron-la-Ville

Thomas Cramatte | Entre groupement d’entraide sur les réseaux sociaux et structures de soin conventionnelles, les proches aidants jouent un rôle crucial dans le système de santé helvétique. Afin de remercier leur dévouement et soutenir leurs actions, des conférences en ligne sont organisées demain et samedi pour répondre aux questions de chacun.

Proche aidants

Entre « Octobre rose » sensibilisant au dépistage du cancer du sein et la fondation « Terre des Hommes » qui organise une journée en faveur des droits des enfants, les sociétés élaborant un événement sont nombreuses à l’approche de l’hiver. En dépit des mesures sanitaires, ces actions de solidarité n’ont d’autre choix que d’adapter leur rendez-vous annuel. Faute de pouvoir élaborer des rendez-vous de manière physique, c’est au moyen d’internet que ces organisations partent à la rencontre de la population vaudoise. « La journée instaurée depuis 2012 dans le canton Vaud et dont l’objectif vise à remercier les proches aidants pour leur engagement et informer des soutiens disponibles pour les accompagner dans leur parcours n’aura pas lieu en 2020 », rappelle
Mercedes Pône, cheffe de projet au sein du programme cantonal de soutien aux proches aidants. Pour les autorités en charge du Département de la santé et de l’action sociale (DSAS), il est essentiel d’être actif afin de protéger la santé des proches aidants. « Sans eux, c’est tout un pan du système de santé qui s’écroule », explique Pierre-André Goumaz, directeur de la Résidence La Faverge à Oron-la-Ville. Il n’est pas rare d’être proche aidant sans même s’en rendre compte. En effet, toute personne consacrant régulièrement de son temps pour aider un proche, un ami ou un voisin atteint dans sa santé ou son autonomie est considérée comme telle. Avec ce soutien, la personne accompagnée peut préserver son état de santé ainsi qu’un contact social. Pour Pierre-André Goumaz,
l’espérance de vie plus élevée qu’autrefois a élargi les générations concernées et engagées dans l’aide directe. Il rappelle qu’en 2019, sous l’égide de la Municipalité d’Oron et en étroite collaboration avec les partenaires concernés, l’organisation d’une journée locale a permis la mise en place d’un programme dédié aux proches aidants. 

Evolution des buts

« Les fonctions de certains EMS ont changé car, aujourd’hui, ces établissements deviennent des lieux de vie à part entière plutôt que de simples lieux d’hébergement ». Pour le directeur de la Fondation de la Résidence, les structures gériatriques actuelles n’ont plus les mêmes perspectives
qu’autrefois. En raison de l’évolution du monde médico-social et de la demande sociétale actuelle, les objectifs de l’établissement ont été revus. Ainsi, toutes personnes en situation de handicap et / ou fragilisées sont disposées à bénéficier des soins apportés par la Résidence, et ce, sans distanciation d’âge. Aujourd’hui, les autorités favorisent le maintien au domicile privé le plus longtemps possible, une action qui a quelque peu changé la mission des EMS. « L’entrée dans notre résidence débute par un séjour d’observation de quelques semaines afin d’évaluer les besoins de chaque résident et, si possible, d’organiser un retour à son domicile ou autre milieu thérapeutique ». En amont de toute éventuelle entrée, les responsables de l’institution tiennent à rencontrer chaque personne ainsi que ses proches, une démarche permettant d’évaluer l’état d’épuisement des proches aidants et de proposer un soutien personnalisé. 

Pierre-André Goumaz dans son bureau
à la Résidence La Faverge

Parenthèse sur la Covid 19

Difficile aujourd’hui de ne pas aborder, même brièvement, ce sujet. Pour apporter des informations concernant la Fondation Résidence La Faverge, le directeur précise que l’établissement prend toutes les mesures nécessaires à protéger les personnes qu’elle héberge. Les 82 collaborateurs ainsi que les personnes qui entrent et sortent de l’établissement sont soutenus et informés régulièrement. Une task force composée de médecins, d’infirmiers et de pharmaciens sont actifs afin de gérer la crise sanitaire. Cela a permis à l’institution de se prémunir de manière efficace contre la contamination galopante de la première vague et contre la recrudescence de cas vécue dans le canton et dans le monde depuis août dernier.

Les soins palliatifs, la Lumière s’étend sur l’Ombre

C’est Ambroise Paré, l’un des pères de la chirurgie moderne, qui a donné une vision très en avance sur son temps en résumant les soins palliatifs comme suit : « Les soins palliatifs c’est la vie ! C’est guérir parfois, apaiser souvent et réconforter toujours ». Longtemps directement reliés à la maladie incurable et à la mort, les soins palliatifs véhiculent encore de nos jours une funeste image alors que la douleur et la souffrance est l’affaire de tout le monde; du clown qui promène son sourire et son nez rouge dans les services de pédiatrie à la médication antalgique. Le périmètre d’action des soins palliatifs s’est considérablement élargi et cela doit être mis au service de la qualité de vie de chaque personne.