Le sport ? Un monde en noir et blanc
Non ce n’est pas d’aujourd’hui et encore moins d’hier.
Il y a près de trois mille ans étaient déjà narrées des courses de sprint. On n’évoquait pas la couleur et la race des athlètes. C’est seulement depuis près d’un siècle que la « grande » question se pose: pourquoi les noirs courent-ils plus vite que les blancs ?
Restons néanmoins quelque peu prudents, car certaines réponses apportées ont malheureusement inspiré quelques périodes des plus détestables que l’on puisse lire dans l’impensable Grand Livre de l’évolution des sports. Cependant, n’oublions pas que près de mille ans avant Jésus Christ, c’est un Grec, à Olympie, qui remportait sur 192 mètres la première course disputée dans un stade. La couleur de la peau n’entrait pas en question pour en atteindre la victoire.
Evolution ? Ou pas !
Rappelons néanmoins que le dernier recordman du monde blanc sur cent mètres date de plus de soixante ans ! Depuis, ce fut l’outrageante domination des athlètes noirs sur l’épreuve reine de l’athlétisme, soit le cent mètres.
Il y eut bien quelques incursions « blanches »… mais si peu. Pour mémoire, rappelons également que lors de certaines finales olympiques, aucun blanc n’était sur la ligne de départ aux ordres du starter pour les médailles convoitées.
Et pourtant
Au XIXe siècle, aux prémices du sprint moderne, on remarquait l’absence des noirs.
Organisés par les Britanniques, les premiers 100 mètres courus dans le cadre du sport universitaire rassemblant toute l’élite de l’Empire où pratiquement aucun noir n’avait accès.
L’apparition des premiers athlètes de couleurs aux Jeux olympiques date de 1932, à Los Angeles. Ils remportaient le cent et le deux-cents mètres ainsi que le saut en longueur.
En 1936, lors des Jeux olympiques de Berlin, Jesse Owens signait le premier grand exploit d’un athlète noir, alors que le racisme, on ose l’avouer, était à son paroxysme. Preuve en est, Owens était contraint de dormir dans d’autres chambres que ses coéquipiers blancs de l’équipe olympique des USA !
De nos jours, et c’est une chance, on n’oserait plus « utiliser » le sportif noir à des fins exclusivement mercantiles comme ce fut encore le cas… il n’y a pas si longtemps. Les Mouvements des droits civiques, actifs dans la plupart des pays, autorisent aux noirs de disposer des mêmes droits que les blancs ce qui a, et ce pourrait être une chance d’équité, de ne pas mettre sous l’éteignoir ce débat qui reste malheureusement… toujours d’actualité.
Il est vrai, reconnaissons-le, que débattre sur le thème des groupes ethniques est parfois dangereux pouvant souvent accéder à une signification presque métaphysique encore plus visible dans les sphères sportives.
Pourtant, acceptons-le, à ce jour on n’a jamais en recherchant bien, trouvé un Carl Lewis ou un Usain Bolt blanc !
Evitons l’amalgame !
Le monde, le sport acceptent aujourd’hui le « multiracial » et c’est une chance évolutive, preuve en est le rugby en Afrique du Sud. Il fallait le courage de certains et ce n’était pas aisé.
Chaque sport possède sa spécificité offrant à tout homme et femme, la possibilité de s’exprimer par le mouvement, la vitesse ou la force. C’est le choix de chacun selon sa morphologie, sa volonté et son plaisir.
Non… le sport n’est pas, ne doit pas être un monde en « Noir et Blanc ». Il offre à toutes et tous une fantastique évolution de l’individu s’il en respecte les règles, tout en utilisant ses qualités intrinsèques.
En aucun cas, par la couleur de sa peau !
Pierre Scheidegger,
Panathlon-Club Lausanne


