Epesses – Les tracassets reprennent le départ (et pas toujours le contrôle)
Entre bricolage inspiré, parcours technique et bonne humeur, la compétition qui cultive sérieux et autodérision se tiendra ce samedi 25 avril.

Voilà la 24e fois que ce rituel déboule dans les rues étroites du village d’Epesses. Des engins à trois roues, aux origines vaudoises et longtemps utilisés dans le vignoble en terrasse, s’élanceront à l’occasion du Championnat du monde des tracassets. Décorés avec plus ou moins de goût, mais souvent avec beaucoup d’imagination, ils donnent vie à une manifestation aussi improbable que solidement ancrée dans le calendrier local.
Derrière l’apparente légèreté de l’événement, la mécanique est pourtant bien huilée. Les inscriptions devraient atteindre un niveau comparable à la dernière édition, avec une trentaine d’équipes attendues : « On devrait revenir à peu près aux mêmes chiffres qu’il y a deux ans », informe Vincent Guex, président du comité d’organisation. De quoi garantir un beau spectacle, entre les mordus de mécanique et ceux qui sont plutôt axés décorations. Car ici, tout commence bien avant le jour J. « Les participants peaufinent leur tracasset durant des semaines, réfléchissent à un thème, testent la tenue de route et parfois leurs propres limites », c’est du moins ce que plusieurs pilots nous avaient dit en 2024.
Entre compétition et camaraderie
Si la course garde un esprit compétitif, elle a évolué vers une formule moins centrée sur la vitesse pure depuis la dernière édition. Exit le chronomètre strict : les épreuves ponctuent désormais le tracé, avec des postes où les équipes doivent faire preuve d’adresse ou d’imagination. « Ça permet de rester dans un bon esprit, où tout le monde est copain », souligne Vincent Guex. Une manière aussi d’éviter que la parcours ne se transforme en simple course à l’accélération. « Les pilotes prenaient parfois trop de risques et cela devenait dangereux ».
Trois distinctions principales viendront départager les concurrents : le prix du jury, celui de la décoration et celui des épreuves. Autant de catégories qui récompensent autant la créativité que la performance. « Le but, c’est d’impressionner, mais surtout de s’amuser », insiste le président. Autour de la course, « la place de fête » sera légèrement revue et étendue, avec davantage de stands de nourriture et de boissons. De quoi accueillir un public qui, si la météo est de la partie, devrait une nouvelle fois répondre présent. Si le village compte environ 330 habitants, l’événement attire près de 10 fois ce nombre.
Plusieurs centaines de personnes sont attendues le long du parcours et aux points stratégiques pour observer ces drôles de machines tenter de négocier virages et pentes. Nous avons d’ailleurs demandé au président où se placer pour profiter au mieux du spectacle. Sa réponse est sans détour : « Le mieux, c’est de se déplacer pour vivre le championnat. »


