Voile – Bol d’Or peu venté

421 voiliers ont franchi la ligne de départ, samedi à 10 heures

Aegir à Christophe Vuilleumier, sur le chemin du retour, finit 2e Toucan

Christian Dick | La nouvelle série des TF35 compte huit unités. Elle remplace les D35 sur l’un desquels navigue toujours Christian Wahl, victorieux au BOM (Bol d’Or Mirabaud) à sept reprises. Peut-être aura-t-il fait le pari que, par petits airs, les nouvelles formules 1 du lac ne profiteront par de leur avantage sur foils. Ces nouvelles constructions ne sont en effet rapides que lorsque la fraîcheur des airs les font déjauger. Il va de soi qu’un bateau volant ne va vite que s’il parvient à voler.

Le Bol, c’est aussi un lot de surprises, les vraies, celles qui s’improvisent. Tel cet ami vigneron, Pierre-André venu du Cercle de la Voile de Villeneuve avec ses équipiers Guy, Christophe et Jean-François. Ils accompliront deux Bols, la descente à Genève, la course et la remontée à Villeneuve. Gilles Favez se trouvait à la même table. Il réalise avec Pierre Mercier un livre sur l’histoire des 6.5 m au Bol d’Or. Il y avait aussi, plus tard et plus loin, ce jeune navigateur, Anthony, naviguant en Surprise et dont la sœur participe à la construction de l’Alinghi de la prochaine Cup America. Ou encore Sébastien Auger, tant de fois croisé à la Pichette, et là si actif dans son bureau du comité d’organisation comme responsable « Inscriptions & Suivi informatique de course ».

Et la course, précisément, qu’en était-il ?

421 voiliers ont franchi la ligne de départ, samedi à 10 heures. La participation était un peu plus faible que l’an dernier, alors en pleine période post-pandémie. Pour les régatiers, les premières heures ont été cruelles, à l’image de ces deux navigateurs ayant à peine parcouru 100 mètres après deux heures de navigation. Après trois heures de route, la moitié des voiliers n’avaient pas dépassé la moitié du Petit-Lac. Puis la bise a soufflé, moins soutenue que la veille, mais présente. Tout changea. Mais ce fut long, avec beaucoup de bascules et de calme. Dans l’ensemble, la montée en direction du Bouveret a été conforme à ce qu’attendait la plupart des concurrents : suivre la route la plus courte possible, entre la côte française et la mi-lac. Pour la majorité des voiliers, le retour fut laborieux. Dans les classes moins rapides, ce fut même l’hécatombe. Seules 149 unités ont terminé, treize chez les TCF3, deux chez les TCF4 dont Ondine, un 6.5 classique à Christian Monachon du Cercle de la Voile de Vevey-La Tour, en tête, et à peine dix-huit Surprise sur une centaine au départ. Dans l’ensemble, cette 83e édition s’est déroulée dans des conditions légères et fut dominée par les catamarans D35 et Ventilo, tous deux conçus il y a plus de vingt ans.

Et les résultats ?

Christian Wahl a remporté le BOM sur W-team en 12h24min16sec pour la 8e fois et bat donc le record du nombre de victoires (cf nos lignes du 8 juin), sur un catamaran non volant, le légendaire D35, devant Artexplora à Frederic Jousset, représenté par Yvan Ravussin et barré par Loick Peyron, et Nicolas Grange sur Okalys Youth Project, un autre D35. Il est d’ailleurs intéressant de relever que dans ces conditions calmes seuls deux TF35 figurent dans les dix premiers.

En temps réel chez les monocoques TCFX, les plus rapides, Raffica à Varkonyi Csaba, barrée par Zsolt Király, cette unité hongroise démesurée habituée du circuit inscrite avec quinze équipiers, termine 11e et première des monocoques devant QFX à Thomas Jundt et Cellmen Ardentis à François Thorens.

En temps compensé, Gilles Fontan remporte ce BOL sur un Nitro 80 devant Patrick Ducluzaux sur un Toucan et David Pertuiset sur un Esse 850.

Le vainqueur, Christian Wahl, déclarait à l’arrivée qu’il associait à son excellente équipe de jeunes le météorologue Philippe Jeanneret avec lequel il s’est beaucoup impliqué en amont de la course. Nicolas Engel, propriétaire de Taillevent et victorieux à trois reprises du Bol de Vermeil, annonçait de son côté qu’il en était à sa 29e participation. Pour la majorité des navigateurs dont Arnaud Psarofaghis et Zsolt Király, tous deux victorieux à plusieurs reprises, l’ultime but est de gagner, du moins dans sa catégorie.

Ainsi s’est terminée cette 83e édition du Bol d’Or Mirabaud.
La prochaine aura lieu les 10 et 11 juin 2023.

Peu après le départ, par petits airs, la position de Christian Wahl était incertaine. A gauche, Phlippe de Weck sur un Luthi 1090 finira 9e des monocoques TCFX
 Derrière, la grande flotte des voiliers qui souffriront de ce manque d’air, à l’image de ce magnifique 6m de plus de 50 ans
A peine 100 mètres parcourus pour ces deux concurrents après une heure et demie de course
Sébastien Auger du comité d’organisation, responsable « Inscriptions & Suivi informatique de course », avec l’informaticien
P.-A. Meylan, du CVVI, ses équipiers Christophe et Guy, avec Gilles Favez, co-auteur d’une biographie sur les 6.5m