Pully – Initiative déposée pour transformer le Castelet en parc public
Pully va se pencher sur la transformation – ou non – du domaine privé le Castelet en parc public. L’association PUHI est parvenue à récolter le nombre de signatures nécessaires pour ouvrir un débat public qui s’annonce d’ores et déjà animé.

Ecrit par Diane Zinsel | En trois mois, 2445 personnes ont signé notre initiative populaire communale ‘Sauvons l’écrin de verdure du Castelet’. C’est bien plus que les 1917 paraphes nécessaires », indique Bernard Suter, membre du comité d’initiative, qui salue cette victoire d’étape.
Porté par l’association PUHI (pour un urbanisme harmonieux et imaginatif), qui se bat depuis six ans pour préserver le site, le texte déposé en début d’année demande à la commune de placer le Castelet, parcelle privée d’environ un hectare, en zone incon-structible, et de le transformer en parc public, comprenant une zone dédiée à la protection de la biodiversité et de la nature ainsi qu’un parcours pédagogique pour les familles et les amoureux de la faune et de la flore. Il sera soumis au Conseil communal, puis, en cas de refus, la population pulliérane aura le dernier mot.
« Cette initiative veut définitivement mettre un point final au projet immobilier de la société Dune Capital SA, propriétaire du domaine », reconnaît Bernard Suter. Le premier permis de construire octroyé par la municipalité de Pully au promoteur, qui souhaitait y bâtir douze villas urbaines de haut standing, a été annulé par la justice. « Après cette première victoire, on croyait que l’affaire était réglée, mais Dune Capital SA est revenue avec un projet redimensionné de neuf immeubles, qui serait tout autant catastrophique pour le patrimoine et la qualité de vie de Pully », relève-t-il pour expliquer la décision de lancer cette initiative.
Droits à bâtir
Contactée, la société prévient qu’elle compte bien défendre ses droits. « L’initiative ouvre un débat public durant lequel nous allons enfin pouvoir avancer nos arguments, rétablir les faits par des expertises scientifiques et défendre notre vision », relève son porte-parole Nasrat Latif.
Il rappelle que si la justice a bien annulé le premier permis de construire, elle a aussi confirmé que cette parcelle restait constructible. « Aujourd’hui, les initiants demandent tout de même l’expropriation de propriétaires privés à qui le Tribunal fédéral a confirmé leurs droits à bâtir. Au-delà des Jardins du Castelet, cela pose des questions sur la sécurité du droit de manière générale », insiste Nasrat Latif. La société affirme par ailleurs être ouverte au dialogue et prévoit en ce sens de présenter prochainement un « nouveau projet qui répondra notamment aux nouvelles exigences législatives communales et cantonales ».
Trouver une voie médiane
Entre les deux, la commune prend acte que l’initiative a abouti. « Notre rôle est maintenant de réfléchir à une solution qui puisse concilier les droits à bâtir des propriétaires, la nouvelle Loi sur le patrimoine arboré, qui n’était pas en vigueur au moment du premier projet, et le texte, assez drastique, de l’initiative, soutenu par une partie de la population dont nous devons aussi entendre les préoccupations », estime Lucas Girardet, municipal en charge de l’Urbanisme à Pully. Pour y parvenir, l’exécutif envisage de monter un contre-projet qui pourrait être acceptable pour les parties en présence. « Je suis convaincu qu’il y a un chemin à trouver qui passerait par un urbanisme de qualité, tout en préservant un maximum d’arbres », ajoute l’élu vert.
Côté calendrier, la Municipalité ne souhaite « ni se précipiter ni traîner ». L’initiative pose un certain nombre de questions légales auxquelles il faudra répondre avant de soumettre le dossier avec ou sans contre-projet, au Conseil communal. Les négociations ne font que commencer.


