Protéger la vigne par la confusion sexuelle

On les connaît aussi sous le nom de ver de la grappe

Puffer, diffuseur de phéromones

Christian Dick | Le « Puffer » est un diffuseur sexuel de phéromones. Il se présente sous la forme d’une boîte gris foncé, munie d’une ouverture, placée au sommet d’une tige d’un mètre de haut. La substance chimique naturelle qu’il répand perturbe le comportement sexuel du cochylis et de l’eudémis, des papillons de nuit mâles nuisibles à la vigne. Ce procédé « Puffer » en est à sa première année. Il provoque une confusion sexuelle, c’est-à-dire qu’il perturbe la phase de rapprochement des papillons mâles et femelles par l’émission de phéromones qui reproduisent la substance naturelle émise par la femelle pour attirer le mâle. L’effet n’est ressenti que par ces papillons dont les larves ravagent la vigne. On les connaît aussi sous le nom de ver de la grappe. Dans les faits, un papillon femelle produit un cocon d’où sort une chenille qui pourrit le raisin. Sans ce procédé appliqué par tous, admis en bio, les vignerons auraient recours aux insecticides, ce que personne ne souhaite. A défaut, la récolte serait totalement perdue. La confusion sexuelle évite donc la production et la diffusion d’insecticides, tout en protégeant la vendange ou la récolte. Le secteur du Dézaley est depuis 25 ans protégé de ces lépidoptères par les « spaghettis rouges » qui diffusaient de jour comme de nuit. Les premiers ont fait leur apparition à La Côte. En Suisse, tous les vignerons appliquent le traitement de la confusion sexuelle. L’arboriculture est également touchée. Sans ces procédés qui ne diffèrent que peu de ceux appliqués à la vigne, aucun fruit ne pousserait. Il ne faut surtout pas toucher la boîte. Elle occupe une place bien précise sur le domaine et son ouverture est bien orientée. On la pose le 15 avril. La cartouche dure 160 jours et diffuse de 21 heures à 5h du matin, la période de reproduction des papillons. Le vigneron la retire à mi-septembre. Ces boîtiers sont récupérés par l’entreprise qui les fournit, nettoyés et réparés. Il en vient deux par hectare qui sont remis à disposition des vignerons l’année suivante avec une recharge de cartouche en aluminium. Le tout est
recyclable. 

Jean-Daniel Berthet, vigneron à Epesses et roi de la dernière Fête des vignerons