Oron – Quand les petits écoliers vont à la rencontre des vaches

Sortie de classe à la ferme

Le contrôle des assiettes

Gil. Colliard | Jeudi matin, 26 novembre, pour la seconde fois de l’année scolaire, l’école s’est faite à la ferme. Après la découverte du verger à l’automne, les petits élèves 1 et 2 P de Nathalie Andrey, ont quitté leur classe de l’établissement scolaire primaire et secondaire d’Oron-Palézieux pour venir, ce matin-là à la rencontre des vaches de la famille Boudry, à la ferme en Fochaux à Ecoteaux. Sophie, qui accueille des écoliers depuis 2018, leur avait concocté tout un programme instructif et interactif.

L’assiette de la vache

Chaudement emmitouflés, en cette matinée fraîche, les petits sont entrés dans l’étable où se trouvaient une trentaine de vaches et deux veaux fraîchement nés. Après quelques explications sur la façon de se comporter envers les animaux. Ils ont eu pour mission de pousser le fourrage vers les ruminants qui attendaient, museaux tendus, remerciant d’un coup de langue les caresses d’abord timides des petites mains ou reculant lorsque l’énergie de leur vis-à-vis était un peu trop marquée. Après ce premier contact, alignés devant des bidons contenant du foin, du regain, de la paille, de la farine et du papier, chacun, assiette en carton en main, a sélectionné les aliments mangés par les vaches. « Bravo les enfants, personne n’a mis de papier dans son assiette ! » a félicité Sophie, retirant au passage quelques brins de paille, avant que les contenus soient offerts aux bovins. 

Est-ce que j’ai vos oreilles ?

Après une petite course extérieure pour calmer les ardeurs, l’agricultrice a expliqué le transit de la nourriture dans les différents estomacs de la vache. Ce fut l’occasion de sensibiliser son jeune auditoire aux dégâts causés par les déchets jetés et mangés par les animaux, pouvant entraîner leur mort. Un message important qu’elle leur a demandé de transmettre autour d’eux. Assis sur le foin, ils ont profité de la pause récréation, rapportant sagement leurs déchets dans la poubelle.

Des courses d’école de proximité pour découvrir la vie à la ferme

Premiers contacts

La suite de la matinée a été dédiée à la trajectoire du lait. Après la salle de traite, ils ont découvert la chambre à lait, puis ont vu les veaux qui consommeront une partie de la production laitière. Après une petite course en tracteurs à pédales, c’est en « chariote » tirée par un vrai tracteur qu’ils sont arrivés à la ferme des Bois de Sophie et Alain pour la suite du programme: fabriquer du beurre, le déguster et faire une petite visite aux génisses et aux chèvres. « Alors qu’à mes débuts je stressais, voulant donner un maximum d’informations à mes visiteurs, aujourd’hui, avec l’expérience acquise, je prépare le canevas de mon intervention et je m’adapte aux enfants. Avec les classes des cycles 2 et 3, on parle du métier, on fait du fromage ou des tommes » explique l’intervenante qui travaille en relation avec AGIR (Association romande l’école à la ferme). « La pandémie et ses restrictions ont fait que les écoles se sont rabattues sur des courses de proximité, c’est ainsi que des classes d’Ecoteaux, Palézieux et Maracon, qui se sont déplacées à pied, nous ont retrouvés » ajoute-t-elle ravie.

Des visites au diapason avec le projet d’établissement 2020-2021

« En juin 2019, la commune d’Oron avait offert une visite à la ferme Boudry aux classes de l’établissement. Comme 4 autres de mes collègues, j’ai été séduite par le concept. Nous avons émis l’idée de faire, pour chacune de nos classes, 4 visites à thème sur l’année : le verger, l’étable, la basse-cour et le potager. Cette proposition a été agréée, allant dans le sens du thème du projet 2020-2021 de l’établissement dédié au développement durable. Nous avons pu bénéficier de deux budgets de financement l’un du Conseil d’établissement et l’autre du PSPS (Promotion de la santé et prévention en milieu scolaire) » se réjouit Nathalie Andrey, ajoutant « Sophie s’adapte parfaitement aux enfants, elle sait comment garder leur attention, ce qui nous permet de profiter, nous aussi, de ces moments de contacts avec la nature. Des thèmes que nous travaillons en amont et en aval de chaque visite ».  Alors que nous avons la chance de vivre dans une région où l’agriculture est encore bien présente, bon nombre d’enfants ne connaissent pas la provenance des aliments qu’elle produit. Cette immersion dans le cycle de la campagne et cette sensibilisation dès le plus jeune âge au respect de la nature, sont un bel investissement  pour le futur. Des moments pleinement vécus par les petits.