Oron – Palézieux-Gare pose la première pierre de La Clé des Champs
Vendredi, promoteurs, élus et mandataires se sont réunis sur les lieux du futur quartier de la Sauge, pour célébrer la pose de la première pierre. Un moment symbolique qui marque le début d’un chantier qui va remodeler le visage des environs.

Le plan de quartier de la Sauge, dont l’histoire remonte à 2005, a connu bien des rebondissements avant d’aboutir. Mais les ambitions pour ce secteur sont en réalité bien plus anciennes. Dans les années 1960, Palézieux s’imaginait déjà un tout autre destin, avec une autoroute reliant Châtel-Saint-Denis à Puidoux et jusqu’à 16’000 habitants attendus. « La crise pétrolière mit un coup d’arrêt à ces projets », rappelle Olivier Sonnay, syndic d’Oron. Les décennies suivantes apportèrent leur lot d’obstacles : après la crise de l’or noir, celle de l’immobilier, puis la révision de la loi fédérale sur l’aménagement du territoire (LAT) et la demande cantonale de densification autour de la gare. C’est finalement en 2023 que le dernier plan de quartier a été validé, ouvrant la voie à un projet qui prévoit désormais quelque 1100 habitants sur un périmètre inchangé depuis 1990.
Vingt ans de patience
Olivier Sonnay n’a pas caché l’émotion du moment vendredi en fin de matinée. Entré en fonction il y a quatorze ans, on lui avait alors remis le dossier en lui glissant qu’il serait bientôt terminé : « La notion de bientôt en aménagement du territoire ne veut vraiment rien dire », a-t-il souri, avant de saluer la collaboration de longue haleine avec les deux maîtres d’ouvrage, Next Immobilier et Halter AG.
Au-delà du logement, le projet intègre un EMS, un centre médical de plus de 1200 m², des structures d’accueil pour la petite enfance, des commerces de proximité et des espaces publics ouverts à tous. Le syndic a tenu à rappeler l’ambition plus large du développement de Palézieux-Gare, avec un milliard de francs d’investissements attendus ces prochaines années entre la commune, les CFF et les acteurs privés.
Un chantier à 59 sondes géothermiques
Sur le terrain, les travaux ont en réalité déjà commencé. Gaëtan Robert, chef de projet exécution chez Halter AG, explique que deux forages, de test géothermique, ont été réalisés cette semaine afin de vérifier que le terrain correspond aux hypothèses de départ. « On lance les modèles numériques, on les fait tourner deux semaines, et on affine les longueurs de sonde en conséquence », précise-t-il. Au total, 59 sondes géothermiques, d’une profondeur comprise entre 220 et 300 mètres, alimenteront en chaleur les quelque 500 logements répartis dans une trentaine de bâtiments, chacun fonctionnant de manière indépendante.
Ce choix énergétique, combiné à des panneaux solaires, implique le recours à des planchers chauffants, mieux adaptés aux faibles régimes de température de la géothermie. Une évolution que le syndic d’Oron a rappelée : « Là où les études de 2012 préconisaient des chaudières à gaz, le règlement du nouveau plan de quartier interdit désormais toute énergie fossile ». Du côté du sous-sol, les analyses géotechniques réalisées en amont, soit quelque 80 sondages, ont confirmé la présence de moraines de fond solides, permettant des fondations superficielles sans recours à des pieux. La nappe phréatique est absente, le site étant situé sur une butte aux sols limoneux, argileux et peu perméables.
Un pic à 150 ouvriers
Ce lundi, les terrassements démarrent. La terre végétale sera mise de côté et stockée sur la parcelle durant toute la durée du chantier, pour être réutilisée lors des aménagements extérieurs. Cinq grues et deux centrales à béton seront installées, ces dernières permettant de produire le béton directement sur place et de limiter les transports. Au plus fort du chantier, jusqu’à 150 personnes pourraient travailler simultanément sur le site, entre maçons, maîtres d’états secondaires et techniciens.



