Opinion

Initiative « Entreprises responsables »

Jean Marc Pasche, Belmont | Ce n’est sans doute pas par hasard que les initiantes omettent avec persévérance de présenter dans leur propagande, pourtant abondante, le texte de l’article constitutionnel qu’ils proposent à nos suffrages et de nous expliquer le sens qu’ils entendent lui donner. En effet, cet article contient un premier alinéa qui charge la Confédération de « prendre des mesures pour que l’économie respecte davantage les droits de l’homme et l’environnement ». Il faudrait être d’une singulière mauvaise foi pour prétendre que le terme d’« économie » ne vise que les multinationales. C’est bien l’ensemble de l’économie qui est dans le collimateur. Quant à la notion de « davantage », elle insinue que l’économie suisse ne respecte pas suffisamment les droits de l’homme et l’environnement, que ce soit dans notre pays ou à l’étranger. C’est peut-être vrai pour certaines entreprises mais une condamnation aussi globale mène tout droit à l’arbitraire et stigmatise injustement celles et ceux qui ne ménagent pas leurs efforts dans ce domaine. Et on ne dit rien de l’objectif merveilleusement idéal qu’il s’agirait d’atteindre pour que le mot « davantage » devienne un jour superflu. Le définir n’est pas chose aisée, si l’on se réfère par exemple aux travaux d’élaboration de la Loi sur le CO2 qui demeure sous la menace d’un référendum. S’agissant plus particulièrement des multinationales et de leur comportement à l’étranger, on aurait certes pu concevoir un contreprojet un peu plus précis et substantiel, à l’image de ce qu’avait tenté sauf erreur le Conseil national. Toutefois, en cas de rejet de l’article constitutionnel, il n’est pas interdit de remettre l’ouvrage sur le métier, à l’image de ce qui a été fait, par exemple, en matière d’imposition des entreprises. Voilà pourquoi j’ai voté NON.