Opinion

Nos entreprises « maudites » ?

Jean-Rémy Chevalley, municipal et député Puidoux | Depuis le début du XXIe siècle, nos entreprises sont régulièrement pointées du doigt par une partie des citoyens. Profits, emplois abusifs, mobbing, pollution, destruction environnementale, exploitation de tiers, etc …, la liste de termes liés au mot entreprise est encore longue, mais ces personnes qui tirent à boulets rouges sur notre tissu économique savent-elles ce qu’est une entreprise ? Une entreprise, c’est la volonté et la persévérance d’un ou plusieurs êtres humains à vouloir mettre en œuvre une structure qui va apporter à la société, travail, salaires, couverture sociale, impôts, taxes et ainsi permettre au travers de la construction, de l’innovation, de la production, d’évoluer et d’avoir les moyens de le faire. Aujourd’hui, certains voudraient faire fi de ce que notre tissu économique varié a apporté, apporte et apportera encore à notre société, pour autant qu’on lui laisse les moyens de le faire. Mais malheureusement, depuis une vingtaine d’années, on presse le citron, on veut cadrer et imposer des règles strictes, qui rendent de plus en plus difficile et onéreuse la bonne marche des entreprises. Si l’on continue dans ce sens et avec cette volonté, plus personnes n’aura le courage d’entreprendre, de lancer des start-ups, de pérenniser une entreprise familiale, mais là, il sera trop tard pour pleurer et les caisses de chômage seront désespérément vides. L’initiative pour des entreprises responsables va trop loin, c’est la goutte qui fait déborder le vase, et le plus incohérent de l’histoire, c’est que le simple citoyen qui lance ses déchets par la fenêtre de sa voiture, qui va en vacances à l’étranger sans se soucier des us et coutumes locales, qui contribue allègrement à la pollution de certains sites et la destruction de patrimoines protégés, qui se conduit en étant en pays conquis, qui achète des habits hyper bon marché sans se soucier de savoir par qui ils ont été confectionnés, là ça passe, cela entre dans le cadre de « la normalité ». Comment voulez-vous qu’une entreprise impose une réglementation suisse dans un pays tiers sans parler d’ingérence ? Comment voulez-vous qu’une petite PME suisse puisse contrôler un fournisseur ou sous-traitant qui est à 20’000 km ? Le 99 % de nos entreprises font juste, mais comme partout, il y a des moutons noirs et ce n’est pas une loi et une réglementation péjorant tous ceux qui font juste qui va changer les choses, le mouton noir est né avec l’homme et disparaîtra en même temps que celui-ci, mais pas avant. De plus, si une entreprise est accusée pour un agissement délictueux, l’amende dont elle devra s’acquitter sera répercutée sur ses coûts de production, d’importation etc … Au final, c’est le citoyen qui passera à la caisse ! Cette initiative manque largement sa cible, il faut la refuser.