Opinion

Petit rappel de bon sens

Jean-Rémy Chevalley, Municipal et député , Puidoux | Il y a environ un siècle, les campagnes ont commencé à voir leur population migrer vers les villes ou la chance de salaires plus élevés étaient nettement plus grande qu’en restant en zone rurale. La main-d’œuvre diminuant, il a fallu trouver des alternatives pour pouvoir continuer à travailler les terres agricoles et nourrir la population avec moins de bras. Heureusement la mécanisation a fait son apparition, puis la guerre a fait rage autour de la Suisse, si la guerre engendre drames et misère, elle favorise la recherche et le développement et c’est ainsi que des produits phytosanitaires sont apparus dès la fin du conflit, ces produits étaient certes très violents, mais ils avaient l’avantage d’augmenter la production en diminuant nettement la charge de travail. L’esprit de la population a commencé à changer, la petite épicerie du coin était devenue trop exigüe, il fallait des grands espaces où l’on pouvait se ravitailler en continu et si possible à moindre coûts. La pression sur les producteurs est devenue de plus en plus grande, « produisez vite, beaucoup et le meilleur marché possible ». Parallèlement la médication humaine et la médecine ont fait un bond en avant, elles ont rallongé l’espérance de vie au point de doubler la population, il fallait construire vite pour loger tout le monde mais ceci au détriment des surfaces cultivables, Une nouvelle fois, il a fallu augmenter la production sur moins de surface pour continuer à satisfaire cette population grandissante. Les acteurs de la chimie ont trouvé des solutions, en produisant semences et produits de protection. Puis, il y a eu la surconsommation. Il faut toujours avoir de tout, même si une grande partie est destinée aux déchets ! Durant toutes ces périodes, les laboratoires d’analyses ne sont pas restés inactifs. Ils ont également évolué et avec l’arrivée de l’informatique, ils ont pu déceler dans la terre, la nourriture, dans l’air ou dans l’eau des éléments dont on ne soupçonnait même pas l’existence ! Alors la population s’est alarmée, il faut produire plus sainement, mais toujours en suffisance et pour les grands distributeurs, toujours à moindre coût !

Puis est arrivée l’époque du tout, tout de suite, avec son lot d’incohérences :

• On veut tout de suite pouvoir envoyer une vidéo à l’autre bout du monde, mais on s’insurge contre la 5G.

• On veut tout de suite limiter le réchauffement climatique, mais on ne veut pas arrêter de voyager ni envisager de se priver de toute la panoplie informatique.

• On veut tout de suite de l’énergie renouvelable, mais on refuse l’éolienne sur la colline d’à côté.

• On veut tout de suite une agriculture bio et extensive, mais on veut de la nourriture en suffisance et des fraises en février.

En résumé, tout cela pour dire que la société dans laquelle nous vivons aujourd’hui, nous l’avons créée ensemble. Il n’y a pas un responsable, nous sommes tous co-responsables ! Comme nous sommes tous co-responsables de notre avenir, mais un avenir uni et réfléchi. Des déplacements non-polluants, ce sera possible, de l’énergie entièrement renouvelable, ce sera possible, la vie humaine sans médication ce sera certainement possible un jour, car si les plantes doivent se passer de médicaments, les humains doivent également pouvoir y arriver, une agriculture productrice sans phytosanitaire ce sera possible, mais il faut juste laisser la recherche travailler, la technique s’adapter et réapprendre à ne pas vouloir tout, tout de suite. Aujourd’hui, les initiatives proposées veulent tout bouleverser, sans se préoccuper des dégâts engendrés et ainsi rendre la Suisse totalement dépendante de l’agriculture étrangère, si elles sont acceptées, la citation « le remède est pire que le mal » prendra tout son sens. De plus, ces initiatives perverses, où il faut savoir lire entre les lignes, divisent et créent un fossé ville-campagne qui est justement à l’opposé de ce qu’il faut faire pour avancer. Souvenez-vous du mois de mars 2020 où la population des villes s’est déplacée en masse à la campagne pour y trouver de la nourriture parce qu’à l’intérieur des agglomérations les étals étaient désespérément vides. En acceptant ces initiatives, ce scénario ne pourrait plus se répéter, nos campagnes n’auront plus la capacité ou l’envie de produire ! Il faut refuser ces initiatives extrêmes et incohérentes pour ne pas anéantir ce que la recherche a et va générer comme progrès et les efforts d’adaptation fournis par les milieux agricoles ces dernières décennies. Sachons garder les pieds sur terre et VOTONS 2X NON