Lutry – Ne pas manquer le train pour la passerelle de Rochettaz
Conseil communal du 11 mai

280’000 francs pour financer les études de la passerelle de mobilité douce de Rochettaz. Projet intercommunal qui est estimé à 10 millions. 60 à 75 % pourraient être couverts par des subventions fédérales et cantonales. Pour les élus, il s’agit d’une opportunité à saisir avant 2028, date des travaux CFF sur le viaduc.
La passerelle de Rochettaz attendait son heure depuis 2007. Ce soir, 72 élus sur les 74 au total (2 abstentions) de Lutry lui ont donné le feu vert. Le projet consiste à arrimer une passerelle piétonne et cycliste au viaduc CFF existant pour relier à plat Pully à Lutry via Belmont-sur-Lausanne : « La passerelle doit offrir aux piétons et aux cyclistes un itinéraire direct, sécurisé et confortable, reliant des quartiers aujourd’hui dissociés par la topographie et l’infrastructure ferroviaire », détaille la documentation du préavis. Lors de son rapport, le président de la commission ad hoc a insisté sur l’utilité de l’ouvrage dans un secteur potentiellement appelé à accueillir près de 2000 habitants supplémentaires à Corsy et La Conversion, et sur l’absolue nécessité de coordonner la construction avec les travaux CFF. Car, après cette fenêtre « unique », les synergies de chantier disparaissent et les coûts seraient nettement plus importants.
Le budget total des études s’élève à 914’000.-, réparti au prorata de la population : Pully en assume 54.7 %, Lutry 30.2 %, soit 280’000.-. Le municipal Patrick Sutter a précisé que si Pully avait rejeté le crédit lors de sa précédente séance du Conseil communal, sa municipalité était prête à le représenter le 24 juin en fonction de la décision de Lutry ce soir. De son côté, Belmont-sur-Lausanne et Paudex, l’ont déjà accepté.
En plénum, Jean-François Chapuisat (Indépendants & vert’libéraux) a pointé une tension dans la clé de répartition : « Pully supporte plus de la moitié des coûts alors que la passerelle bénéficie avant tout aux Lutriens, plus nombreux à rejoindre Lausanne que les Pulliérans à rejoindre le Lavaux. » Kilian Duggan a abondé dans le même sens, assurant que les Verts et indépendants soutiendraient même un éventuel dépassement du crédit pour garantir la réalisation. Vincent Arlettaz (PLR) a tempéré : « Si tout ce qui ressort de ce Conseil, c’est qu’on est prêt à revoir la clé de répartition, nous ne donnons pas les meilleures armes à notre Municipalité pour négocier. Ouvrir cette boîte de Pandore, c’est remettre en question le principe même des clés de répartitions intercommunales. »
Passages sous la RC 780 : la Municipalité devra revoir sa copie
Les postulants Pierre Bonjour et Guy Minder avaient demandé d’étudier l’élargissement des passages piétonniers sous la route cantonale pour les rendre plus praticables à vélo. Dans sa réponse, la Municipalité avait conclu à l’impossibilité ou aux coûts prohibitifs pour les quatre passages étudiés, entre 990’000 et 1’720’000 francs l’unité. Pierre Bonjour a jugé la réponse « scolaire », tandis que Guy Minder aurait préféré un autre verdict : « J’aurais préféré qu’on dise c’est impossible plutôt que c’est trop cher. Un million pour un passage qui sert notre mobilité pendant trente ans, c’est pas cher payé ». La réponse de la Municipalité a été refusée de justesse, par 34 voix contre 33 et 6 abstentions.
Crèches, container et concerts sur les quais
Julie Gabriel-Clerc, excusée, a fait lire sa position sur le subventionnement des frais de crèche : à Lutry, les familles sans place à la FSEJ paient jusqu’à 607 francs de plus par mois en crèche privée, sans raison valable selon elle. La Municipalité propose de subventionner les places restantes dans les structures privées existantes via des bons de garde pour décharger les listes d’attente, sur le modèle du Mont-sur-Lausanne. Malgré les réserves de Kilian Duggan, qui dit redouter une « usine à gaz » au vu des réformes fédérales en cours, la réponse a été acceptée par 38 voix et 29 abstentions. A titre d’information, le Parlement a adopté en décembre 2025 une nouvelle loi prévoyant une allocation de garde pouvant atteindre 500 francs par mois, dont l’entrée en vigueur est attendue début 2027.
Retour à Lutry et plus précisément sur les rives du lac, Kilian Duggan avait interpellé la Municipalité à propos d’un container équipé de distributeurs automatiques de boissons et nourriture, installé à deux pas du collège du Grand-Pont. Le municipal Pierre-Alexandre Schlaeppi a lu la réponse en séance : « La demande a été instruite selon la procédure ordinaire, mise à l’enquête publique comprise, sans qu’aucune opposition ne soit formulée. La décision est donc conforme au cadre légal en vigueur ». De son côté, le conseiller dit regretter « Le manque d’engagement de l’autorité politique au-delà du strict respect de la légalité. »
Jean-François Chapuisat avait précédemment interrogé la Municipalité sur l’avenir des concerts sur les quais, sous le coup d’un recours pendant devant le Tribunal cantonal. Bonne nouvelle : des discussions sont notamment en cours avec les recourants en parallèle de la procédure. L’interpellant a conclu en rendant hommage à la SDL : « Organiser ces concerts chaque année, ce n’est pas toujours simple, et ça mérite d’être reconnu. »
Stationnement dans le Bourg, le Conseil vote une résolution
Guy Wolfensberger avait interpellé, lors de la séance du 23 mars, la Municipalité sur l’avancement d’un projet de parking souterrain dans le Bourg, promis dans le programme de législature. Pour rappel, cette dernière se termine le 30 juin prochain. Après avoir déclaré ses intérêts : « Je n’ai pas de voiture », il a pointé une contradiction dans la réponse municipale : d’un côté une « forte volonté » affichée d’augmenter les places de parc, de l’autre l’aveu qu’aucune réflexion n’a été menée sur d’autres emplacements. Il a également rappelé que le programme de législature, page 7, annonçait explicitement la construction d’un nouveau parking souterrain. Le conseiller a déposé une résolution invitant la Municipalité à engager sans délai une réflexion et à présenter des résultats. Un texte accepté par 49 voix, 10 contre et 14 abstentions.
Les autres objets de la soirée
Le postulat invitant la Municipalité à étudier la faisabilité pour une plage inclusive, autour d’un dispositif motorisé estimé à 57’000 francs, a passé à 63 voix. Un autre postulat sur les fleurs vivaces dans les espaces publics a, quant à lui, passé de justesse, 36 pour et 32 contre. Celui sur une limitation de l’utilisation de l’IA générative dans le contenu iconographique de la communication communale a été refusé, 43 contre 29. Tandis que celui pour un espace de rencontre dédié aux jeunes a passé avec 34 voix pour et 30 contre.
La prochaine séance, le 22 juin prochain, sera la dernière pour les autorités en place avant la fin de la législature .



