Lutry – L’idée d’un parking sous le terrain de foot refait surface
Conseil communal du 14 septembre
Alors que le futur collège de la Combe prévoit deux niveaux de parking souterrain et que les oppositions au projet sont en cours de traitement, une motion a tenté de remettre sur la table la création d’un parking sous le terrain de football du Grand-Pont.

L’idée ne date pas d’hier, puisque depuis une trentaine d’années, la possibilité de construire un parking sous le terrain de football, à l’ouest du bourg, revient régulièrement dans les discussions lutryennes. Avec sa motion, Pierre Bonjour l’a remise sur la table. Le conseiller demandait à la Municipalité de lancer immédiatement une analyse comparative entre cette solution et les deux niveaux de parking prévus sous le futur collège de la Combe, dont la mise à l’enquête s’est achevée avec 14 oppositions.
Mais qui dit changement de projet dit aussi nouvelle affectation du secteur. Le texte de l’élu Vert.e.s et Indépendant.e.s demandait ainsi d’engager les démarches nécessaires à une modification du plan d’affectation, indispensable pour permettre la création d’un parking à cet endroit. « Le parking sous le collège de la Combe n’est pas la meilleure solution », estime Pierre Bonjour, qui juge celui sous le terrain de football plus favorable à long terme. « Quitte à retarder le projet, mieux
vaut trois ou quatre ans de dérangements que cent ans d’emmerdements. »
Le risque de retarder le collège
Du côté de la Municipalité, Charlotte Mathis a rappelé que modifier le plan d’affectation serait loin d’être une formalité et que le sous-sol du terrain de football touche à la nappe phréatique. « Sans oublier que l’accès direct depuis la route cantonale n’est pas autorisé. » Abandonner le parking de la Combe supposerait par ailleurs de disposer auparavant d’un permis de construire en force pour son éventuel remplaçant, avec pour conséquence de retarder le projet scolaire. Un délai que l’Exécutif ne souhaite pas prendre, alors que Lutry manque de classes : « Nous avons besoin de ce collège de toute urgence », a ajouté le municipal Alain Amy.
Dans l’hémicycle, la motion divise. Guy Wolfensberger reconnaît avoir d’abord dit à Pierre Bonjour, trois semaines plus tôt au téléphone, qu’il était trop tard pour rouvrir le dossier. Il a depuis changé d’avis : « Si l’analyse devait montrer qu’un parking sous le terrain de foot coûte moins cher que les deux niveaux prévus sous le collège, cela mérite réflexion. » Toujours dans les rangs de Pour Lutry !, Guy Minder défend lui aussi l’idée : « Pourquoi Lutry veut jouer dans la cour des grands, mais n’arrive pas à construire un parking près du lac ? A Ouchy, ils l’ont fait, à Genève, ils l’ont même fait sous le port ». Kilian Duggan (Vert.e.s et Indépendant.e.s) estimait de son côté possible de faire avancer les deux projets en parallèle.
Trop tard pour changer de cap
Les opposants à la motion ont surtout dénoncé son calendrier. « On ne construit pas un projet immobilier sérieux à la dernière minute », a lancé Jean-Daniel Jayet (PLR). Son collègue de parti Jean-Samuel Leuba redoute lui aussi les conséquences sur le calendrier : « Remettre aujourd’hui le parking en question reviendrait à bloquer tout le processus du collège et à provoquer des années et des années de retard ». Julie Gabriel-Clerc (PLR) s’est également montrée critique, cette fois, pour des raisons financières : « Parler d’économie dans cette motion est totalement faux ». La conseillère explique qu’un changement de projet à ce stade imposerait de reprendre une partie des études et engendrerait des coûts importants.
Au pupitre, Pierre Bonjour n’en a pas démordu : « Dans les années 90, la Muni nous a dit que c’était trop tôt. En 2000, que c’était trop compliqué. Maintenant, on nous dit que c’est trop tard. » Cela n’aura pas suffi. La motion a été refusée de justesse par 36 voix contre 31 et 6 abstentions.
La plage et son succès
Autre sujet abordé lors de cette première séance de la législature, celui de l’accès au lac. Guy Wolfensberger et Patrick Aeby demandaient à la Municipalité d’étudier notamment des moyens de privilégier l’accès des Lutryens à la plage de Curtinaux, tout en développant d’autres infrastructures légères de baignade. L’idée de favoriser les habitants de la commune a fait tiquer. Pour Baptiste Savoy, l’hypothèse de base pose problème : « Discriminatoire est peut-être un peu trop fort comme terme, mais l’idée va trop loin. » D’autres se sont interrogés sur la faisabilité des contrôles ou le coût qu’ils pourraient engendrer.
Guy Wolfensberger a ramené le débat à son objectif initial : « Notre rôle ce soir est de constater qu’il y a bien un souci avec les berges du lac, mais en aucun cas d’apporter des solutions ». La Municipalité a par ailleurs annoncé que les études de faisabilité du projet de réaménagement des berges devraient débuter l’an prochain. Le postulat a finalement été accepté par 43 voix contre 19 et 11 abstentions.
Récupérer l’eau de pluie
Guy Minder (Pour Lutry !) souhaite que l’exécutif étudie davantage la récupération des eaux de pluie, notamment après un été marqué par les fortes chaleurs et les restrictions d’arrosage. Son postulat a lui aussi été accepté, mais sans faire l’unanimité : 40 voix pour, 28 contre et 2 abstentions.
206’500 francs de crédits supplémentaires
Le Conseil communal a également accepté 206’500 francs de crédits supplémentaires au budget 2026. La commission des finances s’est notamment arrêtée sur certaines dépenses liées à l’école à la montagne, comme l’engagement de bus supplémentaires pour transporter des bagages ou des élèves entre différentes stations. Elle demande que les responsabilités soient mieux définies lorsqu’une décision prise sur le terrain entraîne une dépense supplémentaire à charge de la commune. Le préavis a été accepté par 72 voix et 3 abstentions.
Les élus ont par ailleurs accordé à la Municipalité les autorisations générales pour la nouvelle législature, notamment en matière d’acquisitions immobilières, jusqu’à 500’000 francs par cas, voire 3 millions pour les objets stratégiques et 5 millions pour ceux relevant de la LPPPL.
Ils ont également renouvelé les autorisations de placements et d’emprunts, avec des plafonds de 10 millions pour la gestion courante et de 15 millions pour les acquisitions immobilières. Les deux préavis ont été acceptés à l’unanimité.


