Lutry – Interrogations autour du futur skatepark

Le rendez-vous politique du 3 mai était particulier pour les élus lutryens. Sans aucun préavis à l’ordre du jour, le législatif s’est prononcé sur trois postulats. 

Thomas Cramatte | Une fois les commodités d’usage effectuées, le président débute cette réunion avec la réponse de la Municipalité au postulat : « Relance économique par une modernisation de la culture à Lutry ». Un retour qui ne séduit pas entièrement la conseillère dépositaire, Emilie Hassenstein. Excusée absente, c’est sa collègue de parti, Rose-Marie Notz, qui prend la parole : « Le texte a plusieurs objectifs, le premier étant de cartographier les dépenses de la ville auprès des sociétés locales en faisant appel aux services de bénévoles. Il s’agit également d’élaborer les dépenses des métiers culturels ayant recours à des artistes ». Si la Municipalité apporte des précisions satisfaisantes pour la postulante au sujet des sociétés locales, Emilie Hassenstein précise par courrier que la thématique des métiers culturels ne semble pas être évoquée par l’organe exécutif. De plus, le postulat demande d’évaluer l’impact social, médiatique, environnemental et économique des événements importants de Lutry, ceci dans le but de mettre en place des outils de mesure permettant une meilleure compréhension du monde de l’évènementiel. « Il est important que Lutry n’oublie pas le développement du monde culturel ». C’est la raison pour laquelle Emilie Hassenstein exprime sa volonté de déposer un nouveau postulat si besoin : « Pour conclure, nous refusons cette réponse incomplète et encourageons la Municipalité à poursuivre sa réflexion au sujet de la culture ». Cette réponse de la Municipalité est acceptée par 51 voix, 8 contre et 13 abstentions. 

Renforcement de la ligne 69

Lors de la séance du Conseil communal du 14 septembre dernier, le conseiller François Pittet avait déposé un postulat pour que la Municipalité étudie la baisse de fréquence des trains à la gare de Bossières durant les heures de pointe. En raison des travaux en gare de Lausanne, les trains desservant la gare de l’est de la commune ont été divisés par deux, soit un train par heure. Le postulant souhaite que la Municipalité étudie un renforcement de la ligne 69 des Transports Lausannois (TL) avec ce nouvel horaire et d’inscrire, le cas échéant, un montant au budget 2021 pour permettre une mise en application. L’exécutif a répondu avoir modifié la ligne 69 depuis le début des travaux en gare de Lausanne pour combler cette diminution provisoire. Un arrêt de bus Lutry, Bossières ainsi que d’autres adaptations ont depuis vu le jour. « François Pittet ne siégeant plus dans cet exécutif, il m’a fait savoir que la réponse de la Municipalité le satisfaisait », exprime le conseiller Paschoud. Une réponse de postulat acceptée à l’unanimité.

Interrogations sur le futur skatepark

Pour rappel, le préavis pour la construction d’un skatepark avait été approuvé lors de la précédente séance. Avec un coût total de 492’000 francs, ce dernier prendra place aux abords du terrain de sport du Grand-Pont. Il avait fait naître plusieurs inquiétudes lors de sa présentation, notamment en ce qui concerne le bétonnage d’environ 500m2 au bord du lac et la suppression de la piste d’athlétisme. « L’installation sera amputée de moitié, formant ainsi un U plutôt qu’une boucle », précise le conseiller Raymond Sudan avant d’ajouter que son postulat ne constitue pas une remise en question de la décision prise par l’assemblée « mais d’un simple correctif guidé par le bon sens ». Le postulant mentionne plusieurs avantages en cas d’acceptation de cette initiative. Le premier serait de voir une économie de 91’000 francs sur la construction réservée aux sports de glisse, le second serait de préserver la piste d’athlétisme afin de proposer une offre sportive diversifiée. Le troisième atout serait d’accélérer la construction du skatepark. « J’aimerais insister sur la piste d’athlétisme, car après renseignement auprès du service de l’éducation physique et du sport, le Département de l’économie, de l’innovation et du sport (DEIS) m’a expliqué que la directive cantonale n’était pas respectée ». Durant ses recherches, Raymond Sudan a découvert qu’un collège comme celui du Grand-Pont devrait disposer d’au minimum deux pistes de vitesse extérieures. « L’amputation prévue contreviendrait à la directive cantonale sur les aménagements sportifs ». La discussion est ouverte et le conseiller Olivier Rodieux dépose une mention d’ordre afin de passer directement au vote de ce postulat. 

Une action qui ne sera pas approuvée par la séance, la discussion reste ainsi ouverte

La conseillère Alessandra Silauri fait part de ses impressions et exprime une certaine tension depuis quelque temps au sein du Conseil communal : « Je suis un peu surprise de l’atmosphère tendue qui règne aujourd’hui. Cela ne correspond pas à notre philosophie de dialogue ». Après de nombreuses discussions suite aux nouveaux éléments apportés par Raymond Sudan, le président procède au vote. Le postulat ne sera pas étudié par la Municipalité puisque ce dernier est refusé avec 31 voix contre 9 abstentions et 26 pour.