Lutry / Fête des vendanges 2026
600 costumes pour deux tours de cortège
Une vingtaine de bénévoles imaginent et confectionnent les costumes portés par les élèves primaires de Lutry. Virginie Jeauffre coordonne presque toute l’année ce travail que le public ne voit que le dimanche après-midi.

A 14 h 45, elles disposent d’un quart d’heure pour placer les 620 enfants dans la rue
Des rouleaux de tissu, des morceaux de carton, l’odeur de la colle et le bruit des machines à coudre : dans l’atelier du collège du Grand-Pont, la prochaine Fête des vendanges prend forme bien avant septembre. Le thème de cette année, l’ouvrage de Roald Dahl « Charlie et la Chocolaterie », se décline un peu partout. Des vestes de Willy Wonka attendent sur les portants. Dans une autre salle, bonbons, agrumes et moult accessoires patientent jusqu’au jour J. Mais pour prendre la mesure de cette institution qu’est le cortège des enfants, il faut encore grimper d’un étage. Le galetas conserve les traces de presque toutes les éditions passées. Serrés les uns contre les autres sur près de 60 mètres, costumes, accessoires, chapeaux et masques occupent toute la longueur du collège. Impossible de savoir combien de pièces y sont entreposées. Certaines ont une année, d’autres remontent aux premières éditions du cortège. « Il y en a qui ont été entièrement cousus à la main », relève Virginie Jeauffre en parcourant les rangées. Cette année, les costumières ont confectionné environ 620 costumes pour autant d’enfants qui défileront dans le bourg. L’équipe de Lutry prend en charge 31 classes et celle de Paudex quatre. Depuis l’édition précédente, les élèves de 1P ne participent plus au cortège, désormais réservé aux enfants de la 2P à la 6P.
Une vingtaine de bénévoles régulières
Si l’on recense 33 personnes dans le groupe de bénévoles, elles sont 25 à mettre la main sur le ruban métrique. La grande majorité sont des mères d’élèves. Une grand-maman vient aussi avec sa fille. Certaines savent coudre, d’autres préfèrent le bricolage. « Du moment qu’on est motivé, tout le monde peut venir », résume Virginie Jeauffre. Graphiste de métier, elle apprécie autant le carton et le papier mâché que le travail du tissu. « J’aime créer, réfléchir, inventer, chercher des idées. » Elle a rejoint l’équipe lorsque ses trois enfants défilaient. Ils sont désormais trop grands pour y participer, mais Virginie est restée. Voilà dix ans qu’elle confectionne des costumes et huit ans qu’elle assume la responsabilité de l’équipe.
La prochaine édition commence en octobre
A peine la fête terminée que le cortège suivant se prépare déjà. Lors de leur traditionnel repas, les costumières proposent leurs idées, puis plusieurs tours de vote permettent de choisir le nouveau thème. Celui-ci doit inspirer l’équipe : « On est plus motivé quand le résultat correspond à nos attentes ». Il doit aussi, si
possible, permettre de récupérer des éléments dans le galetas. Viennent ensuite les sous-thèmes, les prototypes et la répartition des classes. Certaines bénévoles prennent entièrement en charge une classe ; d’autres préfèrent rester de simples « petites mains ».
Adapter pour produire en série
« Le patron comptait cinq pièces rien que pour le dos. On l’a redessiné pour en avoir qu’une », explique Virginie Jeauffre en montrant une veste de Willy Wonka. L’équipe a également supprimé plusieurs coutures et un soufflet qui ne se verraient pas depuis la rue. « Si on en fait un seul costume, on peut le faire compliqué. Mais pas lorsqu’il faut habiller 30 classes. »
Le nombre exact d’élèves n’étant pas connu au début de la production, les costumières prévoient 22 tenues par classe et utilisent des élastiques pour absorber les différences de taille. Après la rentrée d’août viennent les essayages. Chaque costume reçoit le prénom de l’enfant. « On essaie de se garder deux semaines avant le cortège pour les retouches ». Entre la confection, les commandes et la coordination des bénévoles, l’implication de Virginie Jeauffre représente en moyenne dix heures par semaine.
Jour J
Le vendredi qui précède le cortège, les costumes sont répartis dans les salles du collège. La veille du défilé, Virginie Jeauffre avoue qu’elle dort peu. Le dimanche, une costumière et une aide sont affectées à chaque classe. A 14h45, les enfants doivent être prêts. « Il y en a 620 à placer ». Il reste quinze minutes pour placer les groupes dans la rue. Virginie court d’une salle à l’autre et règle les imprévus. Un stress qui l’empêche de profiter pleinement du spectacle : « Mais c’est un moment qui reste très émotionnel ». Lorsque ses propres enfants défilaient, il lui arrivait toutefois d’avoir « la larme à l’œil ».
Avant de redescendre du galetas, Virginie Jeauffre veut encore retrouver une pièce particulière. Quelque part dans les rangées d’habits sont conservés les Piccolos, portés autrefois par les enfants de la colonie de vacances. Cette même colonie qui, en 1946, a donné naissance au premier cortège costumé dans les rues de Lutry. « Pour moi, le cortège demeure le noyau de la Fête des vendanges », glisse-t-elle avant de disparaître entre les rangées.


Des bras pour la prochaine édition
Pas besoin de savoir coudre pour rejoindre l’équipe, celles et ceux qui préfèrent le bricolage, sont également les bienvenus.
Les personnes intéressées peuvent contacter Virginie Jeauffre à l’adresse : virginie.jeauffre@bluewin.ch


