Les troubles du comportement alimentaire (TCA) touchent les jeunes

Deux élèves, Alizée et Zoé, de 10H des EPS d’Oron-Palézieux s’intéressent à un phénomène de société

Alizée Inostroza & Zoé Beutler, 
10H EPS d’Oron-Palézieux

Toi qui te sens mal dans ton corps, qui te poses un tas de questions, en lisant cet article tu auras peut-être des réponses à tes interrogations. 

Les TCA, c’est quoi ?

TCA c’est l’abréviation de « Troubles du comportement alimentaire ». Cela désigne des perturbations de l’alimentation et de notre rapport à la nourriture, qui peuvent engendrer de graves problèmes de santé, autant mentale que physique. Il existe trois grands types de troubles : anorexie, boulimie et hyperphagie boulimique. Il y a également d’autres types de troubles, qui ne font pas partie de ces trois grandes catégories, mais aucune de ces pathologies n’est moins importantes et elles méritent toutes de
l’attention.

Tout d’abord, nous allons vous présenter certains TCA. Ils ne sont évidemment pas tous représentés, mais il nous semble important que vous puissiez les comprendre et les détecter. Ensuite, nous vous proposerons une réflexion de fond sur le sujet.

L’anorexie mentale

L’anorexie touche principalement des filles âgées de 15 à 25 ans, et peut avoir des conséquences graves, pouvant mener au suicide. Elle consiste en une mauvaise perception du poids qui débouche sur une sous-alimentation et différentes obsessions alimentaires. On devient alors tellement maigre qu’on peut en mourir.

L’anorexie peut aussi engendrer une perte des menstruations, ce qui est un indicateur important même s’il n’apparait plus dans les définitions de ce trouble.

La boulimie

Ce trouble est caractérisé par des crises boulimiques, ce qui consiste à engloutir tout ce qui nous passe sous la main durant un moment ou une phase difficile. Ce laps de temps peut durer de quelques heures à plusieurs jours. Il y a des forts risques de surpoids, qui peuvent créer différents complexes. Dans ces cas-là, il y a parfois des boulimiques qui, après une crise, se font vomir, ce qui n’est pas bon pour l’organisme.

L’hyperphagie

C’est un trouble encore très peu connu. Il se caractérise par une surconsommation de nourriture. Les causes peuvent être affectives ou traumatiques. Ces crises peuvent être de différentes longueurs, elles peuvent durer moins de 2h mais aussi plusieurs jours. Il a un sentiment d’impuissance vis-à-vis du comportement alimentaire pendant la crise hyperphagie boulimique (sentiment de ne pas pouvoir contrôler la quantité de nourriture mangée). Les risques sont importants : surpoids, obésité (morbide). Les vomissements ne font pas habituellement partie des facteurs premiers de l’hyperphagie, mais sont plus souvent reliés à la boulimie.

Autant pour la boulimie que pour l’hyperphagie, il y a un sentiment de honte au moment de la consommation de nourriture.

La dysmorphobie

Ce trouble est caractérisé par une préoccupation d’un « défaut » de l’apparence physique pas ou peu visible pour les autres. Globalement, c’est être complexé par un élément de son physique que l’on caractérise comme un défaut alors qu’il n’est pas ou peu voyant pour autrui.

L’orthorexie

C’est l’obsession de vouloir toujours manger de la nourriture saine et le rejet systématique de ce qui est perçu comme malsain. Plus le temps passe, plus la perception du sain et du malsain devient stricte. Il y a une recherche constante de contrôle sur son alimentation. C’est vite difficile.

Qui est touché

Selon une étude faite par l’université de Zurich et son hôpital universitaire, énormément de personnes avouent avoir eu des troubles du comportement alimentaire durant leur vie. Le nombre de cas recensés en Suisse se situe aux alentours de 3,5 % soit 240’000 personnes. C’est énorme ! Et pourtant, ça reste encore méconnu.

Comment prendre en charge les TCA ?

Quelques conseils

-Manger ce qui nous fait plaisir, ne pas s’obliger à manger uniquement des aliments sains et « qui font maigrir », car en mangeant varié et en ne s’imposant pas de limite alimentaire, les risques de craquer sont moins présents.

-Essayer de manger 3 à 4 repas par jour, afin de ne pas grignoter entre ces derniers.

-Aller voir un spécialiste et pouvoir parler librement de son problème. Les thérapies sont les meilleures solutions pour prendre en charge ces pathologies ; les thérapies de groupes et familiales, thérapies interpersonnelles et comportementales. Les choix sont multiples !

-Ne pas avoir peur d’en parler, que ce soit à ses proches, collègues, camarades, à l’école : aux professeurs, à l’infirmière, aux médiateurs et aux psychologues scolaires.

Prendre rendez-vous chez un psychologue n’est pas une honte, et ça ne fait pas de vous une personne faible, au contraire ! Il faut du courage pour affronter ces difficultés !

Et à l’école, comment c’est pris en charge ?

Conseils de l’infirmière et de la psychologue scolaire

Nous sommes allées poser des questions à l’infirmière et la psychologue scolaire. Voici ce qu’elles nous ont dit :

Avant tout, elles ont mis l’accent sur l’accueil : l’aide qu’elles fourniront et le secret professionnel sont la base de leurs métiers. En venant chercher de l’aide auprès d’elles, les élèves trouveront des adultes à l’écoute, sans jugement. Ces professionnelles respectent la confidentialité et sont tenues au secret médical. Par la suite, elles proposeront de mettre la personne concernée en contact avec d’autres professionnels comme des pédiatres, des psychologues, des groupes de parole, des professionnels de l’école, des diététiciens/diététiciennes, l’association ABA, et d’autres encore, selon le besoin de l’élève. Pas tous en même temps, bien sûr ! Ces démarches seront faites avec l’accord du jeune, dans le respect, et pour son bien.

Pourquoi n’en parle-t-on pas ?

C’est un sujet qui nous concerne, en tant qu’adolescentes, car il touche beaucoup d’entre nous. Un jour, nous nous sommes questionnées « pourquoi ne nous a-t-on pas informées ? », et nous nous sommes ensuite rendues compte que la honte d’en parler était immense. On le garde pour soi, et c’est tout. Nous avons alors décidé de mener une petite enquête.

Combien de personnes savent ce que sont les TCA ?

Nous avons demandé à deux classes de 10e année (entre 13-14 ans) s’ils savaient ce que les TCA signifiaient. Voici un graphique que nous avons fait à l’aide des réponses obtenues. (voir ci-dessous)

On peut donc constater que les troubles du comportement alimentaire sont encore assez méconnus. C’est dommage !

Le pourquoi du comment

Aujourd’hui, les TCA sont encore tabous. En effet, la société recherche l’image de l’être avec un physique parfait. Sur les réseaux sociaux, tout est plus beau mais tout est plus faux. Les photos sont retouchées, les filtres sont trop accentués (créant un visage lisse et sans imperfections…). Sur ces différentes applications les gens sont sans pitié et sans filtre ! Ironique, n’est-ce pas ? Les gens ne pensent pas aux conséquences de leurs jugements et autres commentaires sur la personne concernée. Le cyber-harcèlement devient de plus en plus courant : comment plaire à tous en restant soi-même ? C’est impossible ! Car, qu’importent nos actions , tout le monde aura toujours quelque chose à redire . 

Malgré tout, restez vous-mêmes ! 

Peu importe l’avis des autres

La confiance en soi est le premier secret du succès

Mes différences sont une force

Sois toi-même, les autres sont déjà pris

Lâche prise, tu es capable et tu avances à ton rythme

C’est parti ! Crois en toi et fais de ton mieux

Parlez-en, n’ayez pas honte ! Partagez l’article avec vos proches pour moins de tabous et plus de résultats !