Les impressions du petit Nicolas

Propos recueillis par Rosane Schlup | Aujourd’hui, on est y allé dans la forêt pour faire une sortie avec des cervelas, des pantalons longs à cause des tiques, mes copains et la maîtresse. Cette année, à cause du coronavirus, on fait pas la course d’école, mais c’est quand même la course d’école à cause du sac, des cervelas et du pique-nique. Avant de partir on a dû y aller aux toilettes, parce que la maîtresse a bien dit que dans la forêt, y en a pas. Coralie s’est mise à pleurer mais c’était pas à cause des toilettes, c’était parce qu’elle avait pris son agenda et ses devoirs dans son sac, mais pas son pique-nique. La maîtresse a demandé comment c’était possible en soupirant avec les grosses joues. Coralie a dit qu’elle avait perdu la fiche des consignes pour les « chers parents ». Moi, je pense plutôt qu’elle aime pas trop y aller dans la forêt à cause de l’histoire du loup de la dernière fois et qu’elle a cru échapper à la forêt. On a dû attendre un monstre moment que le pique-nique de Coralie arrive avec sa maman et du coup Bastien a renversé la moitié de son paquet de chips dans son sac parce qu’il a raté l’ouverture discrète du paquet et y en avait aussi sous sa chaise et sur sa table. Il a fallu  tout nettoyer. Après, on a enfin pu y aller. A la forêt, on a appris à reconnaître un « être ». Mon copain Nathan il a demandé si on pouvait aussi reconnaître un « avoir ». La maîtresse  nous a expliqué que c’était pas un « être » mais un « hêtre » avec un « H ». Elle doit être fatiguée la maîtresse.  On dit pas un hache, on dit une hache, mais comme je l’aime bien ma maîtresse, j’ai rien dit. Après on est allé chercher du bois pour le feu. On s’est mis à quatre pour ramener un monstre tronc, mais c’était trop gros, alors ça a plutôt servi pour s’asseoir dessus nous quatre, vu que c’était le nôtre. Après on a taillé nos bâtons en pointe et on a fait les pattes du petit cochon au cervelas. Bastien, il faisait rien et il attendait. La maîtresse lui a demandé s’il avait un cervelas et il a dit que non. On a tous pensé qu’il avait des sandwiches, mais on avait tout faux. Il est revenu avec un steak haché. Là, on a tous rigolé, sauf la maîtresse. Elle lui a demandé comment il voyait la chose et il faut dire qu’il voyait pas très bien la chose mais ça, c’était sûrement à cause de la fumée du feu qui avait changé de sens et qui lui piquait les yeux. Il a dit que chez lui quand son papa fait les grillades, c’est toujours avec du steak haché. Après on a trouvé un morceau de papier d’aluminium et on a pu lui cuire sa viande. Bastien était content, sinon il aurait rien eu à manger, vu qu’on avait déjà mangé tous nos cervelas. Après on a encore joué aux brigands et aux voleurs. On pouvait attraper les autres ou se faire attraper et faire des prisonniers ou être prisonnier et s’échapper. Avec mon copain Nathan, on s’est échappé au moins trois fois et le gardien, c’était Marco, il nous courait pas après parce qu’on s’échappait par un détour terrible et aussi parce qu’un gardien, ça doit rester près de son but. Marco au foot, il est toujours gardien. Après on est rentré, on était content. C’était la plus chouette des plus chouettes courses d’école de ma vie. Comme on avait encore un peu de temps, dans la cour on a encore joué au loup. Le plus fort, c’est que le loup, c’était Coralie. Elle avait même pas peur. Nicolas (7 ans et demi)