Les déchets de jardin, une véritable plaie pour la forêt

Interdit par la loi sur la protection de l’environnement, le dépôt de déchets verts en forêt est punissable

Gil. Colliard | En cette saison, les plantes ornementales de nos jardins font preuve d’une vive exubérance, débordant facilement au-delà des clôtures. Gazons et haies nécessitent des tontes et tailles régulières. De plus, les accès limités, jusqu’à ces derniers jours, aux déchetteries ont vu fleurir des dépôts verts dans les milieux forestiers, où ils n’ont pas leur place.

Dépôts de déchets de jardin en forêt un geste aux graves conséquences

Bien des propriétaires ignorent à quel point les plantes exotiques ornementales, appelées « néophytes », si belles soient-elles représentent un grave danger pour les espèces indigènes, car sans concurrents naturels chez nous. Elles peuvent aussi être porteuses de maladies et de parasites. Une fois introduites dans la nature, avec les déchets de jardins, elles se comportent comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. Hors de tout contrôle, elles envahissent l’espace ne laissant pas de lumière aux arbrisseaux indigènes, futurs grands arbres de nos forêts. « Lorsque la renouée du Japon s’implante en forêt, le combat est perdu d’avance, même en utilisant des bâches, elle trouve le moyen de persister et de s’étendre. La berce de Caucase par exemple, plus rare, mais dangereuse, occasionne de graves brûlures pour qui la touche. Malgré ce phénomène invasif reconnu, ces essences exotiques ne sont pas interdites à la vente et on les trouve toujours dans les jardineries » s’indigne Marc Rod du Groupement forestier Broye-Jorat.

Maladies et parasites font dépérir les arbres

Même si les déchets de taille de haies ressemblent aux branchages laissés par les bûcherons, même si ce ne sont pas des néophytes, mais des restes de tonte ou le vieux géranium du balcon, ces déchets verts mettent aussi la forêt en danger. Ils contiennent des résidus d’engrais, des micro-organismes tels que virus, bactéries et champignons nuisibles. Le problème est si grave que la FAO, l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, a déclaré 2020 « Année internationale de la santé des plantes » La fermeture durant 15 jours de la Compostière La Coulette à Belmont s/Lausanne, et l’accès limité voire interdit aux déchèteries, en fonction des mesures prises pour contrer la propagation du virus, ont occasionné une recrudescence de dépôts de déchets de jardins dans les forêts. « J’ai dû intervenir auprès d’un privé et d’une gérance » témoigne le garde forestier du Jorat. Interdit par la loi sur la protection de l’environnement, le dépôt de déchets verts en forêt est punissable. Soyons responsables et utilisons les filières d’élimination mises en place par les communes dans les déchèteries.

Pour de plus amples informations sur la forêt et sa santé, consultez www.foretsuisse.ch