Les commerçants en crise

Charpente, 

Rouge & Wuillemin SA 

Charpente, 

Propos recueillis par Thomas Cramatte | L’année 2020 sera marquée par la crise sanitaire. Que ce soit à l’échelle mondiale ou celle du district Lavaux-Oron, nous avons tous été touchés par les restrictions de notre gouvernement. Particuliers, commerces, structures médicales, administrations communales et policières, le coronavirus a exigé une adaptation de tout à chacun. Pour conclure cette série traitant des commerçants régionaux, nous sommes partis à la rencontre du secteur de la construction. Plus précisément du gros œuvre avec l’entreprise de charpente Rouge & Wuillemin situé à Palézieux. Comment ces directeurs et employés ont-ils fait pour s’adapter aux restrictions fédérales, maintenir leurs activités, subvenir aux charges et assurer leurs revenus ? Tour d’horizon des mesures prises en période de confinement et reprise de leur activité depuis l’assouplissement des restrictions.

Jacques-Henri Rouge et Patrice Wuillemin au centre

Le Courrier : Comment votre société s’est-elle adaptée aux mesures de confinement ?

R & W : Nous avons été contraints de stopper notre entreprise au début des restrictions. En effet, plusieurs chantiers ont été fermés par la direction des travaux et leur accès interdit. Les maîtres d’ouvrages nous précédant ayant également cessé leurs activités, même les travaux d’entretien étaient impossibles à cette période. Pendant quatre semaines, nos portes étaient closes et l’ensemble de notre personnel est resté confiné à la maison.

95% des entreprises suisses ont eu recours au télétravail. Avez-vous instauré cette pratique et avez-vous dû combler un manque de matériel pour travailler à distance ?

Hormis quelques tâches administratives, le métier de charpentier est exclusivement manuel. Nous n’avons pas eu recours au télétravail, car cette pratique n’est pas compatible avec notre secteur. Bien entendu, nous avions dévié le téléphone de l’atelier sur nos portables afin de pouvoir intervenir en cas d’urgence.

Cette interruption d’un mois vous a contraint d’inscrire une partie de votre personnel au chômage partiel ?

Oui, nous avons inscrit l’ensemble de notre équipe au chômage partiel. Ce qui représente une dizaine de personnes. Pour Patrice Wuillemin et moi-même, les travaux administratifs ont continué afin de régler les affaires courantes et préparer au mieux la reprise. Nous avons comme beaucoup d’autres sociétés, éprouvé des difficultés à nous équiper en matériel sanitaire. Stock épuisé, délais de livraison trop longs, les exigences imposées par l’OFSP aux entreprises suisses n’a pas été des plus simples à mettre en place. Des exigences obligatoires pour les entreprises qui sont nombreuses à reprocher des mesures moins strictes envers les citoyens.

Maintenant que le Conseil fédéral a annoncé le grand déconfinement en date du 6 juin, comment envisagez-vous le futur de l’année 2020 pour votre entreprise ?

Nous avons repris notre activité depuis maintenant plus d’un mois. En augmentation par rapport à la même période de l’année passée, nous sommes heureux de pouvoir vêtir nos salopettes. Si les liens sociaux sont quelque peu affectés par cette pandémie, il est pour nous important de garder une vision optimisme du futur. C’est d’ailleurs un message essentiel à véhiculer. Nous ne pouvons plus nous serrer la main, mais nous pouvons toujours échanger un sourire, et ce bien au-delà de deux mètres.