Le trop-plein d’essence à bon compte ne va pas se perpétuer !

Gérard Bourquenoud. |  Bon nombre de Suisses sont connus pour une qualité très particulière, celle d’être économe dès le plus jeune âge. Et ce qui est encore plus frappant, c’est que pour la majorité des citoyens de ce pays, les armoires regorgent de marchandises, les citernes à mazout sont plus que pleines, alors que les réservoirs d’essence des voitures ne connaissent pratiquement pas la sécheresse. Et avec autant de prérogatives, la plupart des automobilistes ne sont encore pas contents. Ils roulent toute la semaine et le dimanche, même lorsque l’essence augmente de quelques centimes, alors que depuis quelques semaines, elle a baissé de presque vingt centimes le litre du fait que le virus épidémique a ralenti toutes les activités professionnelles, culturelles et sportives. Donc une économie forcée pour la majorité des Suisses qui ont été contraints de rester à la maison.   

Photo © Gérard Bourquenoud

Ne faut-il pas relier cette exigence de la voiture à la situation où nous sommes et à la société dans laquelle nous vivons aujourd’hui en Suisse ? Nous avons été trop accoutumés à croire que la plus ou moins abondante possession de biens matériels étalonnait une situation de paradis sur terre. Que l’automobile, avec ses pouvoirs magiques, constituait le bonheur suprême. Nous l’avons encore, et elle roule toujours. 

De nombreux automobilistes ont été étonnés et surpris d’apprendre il y a quelques jours que les Chambres fédérales envisagent d’augmenter prochainement le  litre d’essence de 10 centimes d’ici 2024, voire 12 centimes à partir de 2025, une hausse destinée à des projets climatiques à l’étranger, selon un communiqué du Palais fédéral. Parfois je ne suis pas d’accord avec les politiques, mais je ferai le poing dans ma poche pour leur accorder le droit de décider et de le dire. La pilule risque donc d’être dure à avaler en pleine période de crise économique et en particulier pour toutes les personnes qui vont être contraintes d’avoir recours au chômage dans les mois à venir.  

En toute franchise, nous devons avouer que l’être humain ne vit pas seulement de pain, il lui faut aussi de quoi se distraire. Et pour cela, la voiture est l’un des moyens privilégiés que tout un chacun apprécie à juste titre, même si elle a pour effet de grever le porte-monnaie.