Le foudre du Clos d’Oron prend forme

Prêt pour accueillir le millésime 2020

Gil. Colliard | Samedi matin, 11 juillet, les abords de l’atelier Volet SA à Saint-Légier, étaient le théâtre d’un évènement réunissant autorités d’Oron et des environs, vignerons, vendangeurs et autres invités: le cintrage du foudre destiné au Clos d’Oron, né de chênes des forêts oronaises et du savoir-faire de Franz Hüsler, tonnelier artisan. Une rencontre intéressante et agrémentée d’un sympathique apéritif.

Resserrement de la sangle
Le brasier à l’intérieur du foudre

Un travail sous tension tout en finesse

Malgré l’intérêt des personnes présentes et leurs questions, le tonnelier restait attentif à son travail, donnant le signal à ses aides quand il était temps de rajouter des bûches dans le brasier installé à l’intérieur, d’arroser l’extérieur et de tendre la sangle qui enserrait les douelles (douves) afin d’effectuer le cintrage du foudre de forme ovale appelé à contenir quelque 1000 litres de vin. Un travail de précision voire d’artiste. Jugeant qu’il était temps, Franz Hüsler donna le signal pour retourner son œuvre afin d’y placer les deux derniers cercles en fer. 

De février 2017 à 2020

Revenons sur l’historique de ces pièces toutes issues de chênes abattus d’une part dans le Bois de Mont et d’autre part dans celui des Adoux, sur le territoire d’Oron, le 23 février 2017. Ces bois ont été acheminés, en novembre de la même année à la scierie de Marsens, équipée pour les débits spéciaux. Après avoir été stockés à Oron pour le séchage, ils sont arrivés fin 2019 à l’atelier de tonnellerie de St-Légier, intégré dans la structure de l’entreprise Volet SA, où les mains expertes de l’artisan les ont façonnées l’une après l’autre. « Chaque douelle est différente selon sa position, j’emploie le moins possible le cœur du bois. Pour arriver à un résultat, j’utilise 10% de calculs et 90% de savoir-faire, c’est le secret du métier! Il me faudra environ 90h pour fabriquer ce foudre qui pèsera, une fois terminé, une tonne. Avec cette étape du cintrage je ne suis qu’à la moitié du travail » explique le tonnelier.

Des bois de qualité et un arôme de vanille

Parmi les invités, Eric Sonnay, aujourd’hui retraité, mais garde forestier lors de l’abattage, était fort intéressé par la démonstration « J’ai plaisir de voir que le bois est apprécié, et qu’il est sorti de ces chênes pédonculés âgés d’environ 150 à 200 ans, de belles grandes planches sans défaut qui ont permis la réalisation de plusieurs tonneaux. Peut-être un nouveau débouché ? » s’interroge-t-il ajoutant que les forêts d’Oron comptent quelques centaines de chênes. Afin de connaître la touche apportée au vin par le chêne oronais, un test a été effectué avec une demi-barrique donnant des arômes féminins et vanillés. « Ce foudre sera prêt pour accueillir le Clos d’Oron, millésime 2020 » se réjouit Philippe Modoux, syndic d’Oron. Y versera-t-on du rouge ou du blanc ? La question n’est, pour l’heure, pas encore tranchée ! 

Daniel Ruch, Philippe Modoux et Franz Hüsler