Le chauffage à distance arrive à Belmont
Le projet fait parler de lui depuis des mois. La Société Lazur SA, filiale des Services industriels de Lausanne a décidé d’investir près de 12 millions de francs dans un projet de chauffage à distance à Belmont-sur-Lausanne. Depuis le 1er avril dernier, ce projet est devenu concret.

Ca y est ! Le projet de chauffage à distance (CAD) à Belmont, est entré dans sa phase de réalisation. Si, à l’heure d’écrire ces lignes, cela n’a pas encore sauté aux yeux des Belmontains, cela ne pourra très bientôt plus leur échapper. Et pour cause ! Les travaux que ce projet impliquent ont commencé. Outre la réhabilitation de l’ancien local des pompiers, les prochaines semaines des Cancoires seront marquées par la creuse de fouilles et la pose de conduites.
Un réseau de CAD est prédestiné pour une commune comme Belmont
La nouvelle Loi vaudoise sur l’énergie, acceptée par le Grand Conseil est une incitation forte pour les propriétaires à sortir des énergies fossiles. Seulement voilà, la commune de Belmont n’a pas 50 solutions pour passer au renouvelable. Bien évidemment, il y a l’énergie solaire et les chauffages à pellets, par exemple, mais aussi le chauffage à distance. Or, plusieurs problèmes compliquent une telle solution sur le territoire des Cancoires. L’éloignement avec le lac qui empêche la mise en place de pompes à chaleur en est un exemple comme l’a indiqué Guillaume Roy, directeur de la Société Lazur. Les désagréments dus aux travaux, auxquels seront confrontés ces prochaines semaines les habitants de Belmont-sur-Lausanne, sont un mal nécessaire afin que les propriétaires concernés et désireux de sortir des énergies fossiles puissent bénéficier de l’alternative qu’offre un réseau de chauffage à distance qui est, selon le directeur de Lazur SA « un système assez prédestiné pour une commune comme Belmont ».
Avant d’aborder la phase de réalisation, nous sommes revenus, avec Guillaume Roy, sur la naissance de ce projet. Ce dernier nous apprend que le projet de chauffage à distance est parti d’un concours de circonstances. « Nous développons des chauffages à distance de petites tailles lausannoises. Nous avions eu une discussion un peu fortuite avec la Municipalité de Belmont-sur-Lausanne. Nous avons échangé sur le sujet et nous nous sommes aperçus qu’il y aurait un intérêt commun pour développer un projet dans cette commune ».
Passer d’une discussion fortuite à la réalisation d’un projet, il y a quand même plusieurs pas à franchir. Alors pourquoi, à part le fait qu’il y avait un intérêt commun de Lazur SA et de la Municipalité, avoir choisi Belmont-sur-Lausanne ? Plusieurs raisons sont évoquées par Guillaume Roy. D’abord, parce que Lazur SA est une filiale des Services industriels de Lausanne. Son rayon d’action comprend, préférentiellement, les communes de la couronne lausannoise. Ensuite, pour développer un réseau de chauffage à distance, il faut qu’il y ait une certaine densité de constructions. « Belmont, bien qu’elle ne soit pas une grande commune, a quand même un bâti assez dense, en particulier en bas du village, vers Burenoz et, en-haut, dans la zone qui va de Arnier jusqu’au collège ». Des zones qui, selon le directeur de Lazur SA se prêtent donc plutôt bien au développement d’un chauffage à distance.
Une commune facilitatrice et une solution clé en mains pour sortir du fossile
Une solution clé en mains pour que les propriétaires belmontains sortent de l’énergie fossile, c’est ce que Lazur SA va apporter selon Guillaume Roy qui précise le rôle de la commune dans le projet. « La commune est facilitatrice. Elle n’investit pas d’argent dans le projet. Elle n’a pas du tout d’intérêt financier, ni de risque en fait. Elle ne porte pas les gains ni les risques du projet. Nous avons évidemment besoin de sa collaboration parce que nous empruntons, à beaucoup d’endroits, le domaine public». La collaboration avec la commune ne s’arrêtera pas à la fin des travaux. En effet, Lazur SA continuera à être en lien avec elle, lui rendra des comptes et indiquera si le projet fonctionne bien, si elle a encore de la puissance à vendre et quels sont, pour cette filiale des SIL, les secteurs qui lui semble intéressants.
Route d’Arnier, route du Burenoz, chemin de la Cure et un réseau en Y
Comme précité, les travaux ont commencé. Pour l’instant, ils n’ont affecté « que » l’ancien local des pompiers. Dès cette semaine, ils s’étendent petit à petit dans la commune et concerneront essentiellement la route d’Arnier (l’ancien local des pompiers qui accueillera la centrale de chauffe se trouve en haut de cette route), la route du Burenoz et le chemin de la Cure. « Le réseau fera une sorte de Y. Il partira de la centrale en direction du bâtiment de l’administration communale. A partir de là, il y a une branche qui va piquer vers le bas du village pour descendre jusqu’en bas de la route du Burenoz. La deuxième branche, elle, va aller jusqu’à l’ancienne poste pour remonter vers la Cure, jusqu’à l’auberge communale et desservir aussi la zone « Coin d’Enhaut ». Les travaux dans le secteur Burenoz dureront environ un mois. « Heureusement, nous n’aurons pas besoin de réouvrir la route qui a été refaite récemment. Nous allons passer dans les terrains en herbe autour des immeubles ».
Un réseau qui sera peut-être prolongé jusqu’à Corsy
Lorsque le directeur de Lazur SA nous a présenté le projet de CAD, il nous a laissé entendre qu’il pourrait s’étendre quelque peu. « Nous sommes en train de regarder, si on n’étendrait pas également la branche qui va aller au centre du village de Belmont jusqu’à Corsy, jusqu’aux hauts de Lutry. Nous sommes encore en train de commercialiser cette zone. Cela va dépendre du succès ou de l’intérêt des propriétaires. Si les gens ne veulent pas se raccorder, évidemment on ne va pas aller amener le réseau là-bas ».


