Le Bol d’Or Mirabaud n’est pas qu’une simple régate. C’est un événement

Le traditionnel bouchon de départ – – photo © Christian Dick

Christian Dick  |  Des concurrents s’y préparent longtemps à l’avance. Certains sont auréolés de trophées internationaux. Le public se déplace le long des rives, se demandant quel côté du lac sera le plus spectaculaire. Certains larguent les amarres de leur bateau à moteur et, du milieu du lac, assistent de près à la course. Presque tous ont ouvert leur tablette pour suivre la course en direct, ou l’évolution de tel ou tel concurrent.

Certains voiliers n’ont été conçus que pour remporter cette course, comme les Toucans. Des séries comme les D35, aujourd’hui les TF35, sont développés pour une navigation typiquement lémanique, et donc pour remporter le Bol. Le Léman est un lac alpin souvent très calme avec quatre vents dominants qui peuvent devenir violents et une multitude de thermiques pointant à différentes heures du jour.

Faire avancer un voilier dans ces circonstances tient parfois du génie. Il faut de la voilure, mais pas trop. Développer la vitesse d’un voilier, c’est surtout vouloir réduire sa traînée. Un bateau trop puissant, taillé pour la mer, mais qui laboure le lac par petits airs n’est absolument pas approprié au Bol, ou même au lac, où, de Genève au Bouveret se rencontrent des conditions de vent souvent contraires.

Aucune autre régate suisse ne déplace autant de concurrents. Certains font leur course dans la course. Six séries y sont représentées, des plus rapides aux plus lents, en plus des Surprise et Grand Surprise qui peuvent compter à eux seuls jusqu’à un quart de la participation totale.

Le choix des équipiers n’est pas négligeable. Si le record établi en 1994 en 5h01 par Leuenberg tient toujours, une grande partie des concurrents ne termineront pas l’épreuve. C’est donc plus d’un jour et demi qu’il faut partager dans un espace confiné. D’aucuns le savent, quelques heures suffisent parfois à vouloir vous échapper.

Le Bol est donc une épreuve exceptionnelle, un spectacle passionnant, un laboratoire vivant, un lieu de rencontres et d’échanges, une épreuve de vie et un lot de souvenirs. On peut se dire que ce sera le dernier, cette fois pour de vrai. Mais au dernier moment, ou au moment d’inscrire les événements importants de l’année dans son agenda, on se dit que, mais non, une fois encore on refera ce Bol.

Ami lecteur, c’est ainsi dans la vie. Les choses importantes se répètent, qu’on le veuille ou non.

Au matin du dimanche au large de Belmont – photo © Michel Dentan photographies

Zen Too au large de Rivaz – Photo © Blaise Marro