Fracture

La commune de Pully avait pris les devants en lançant un pavé dans la mare de la cohésion en début octobre. En suspendant le paiement de la quatrième tranche de la Participation à la cohésion sociale (PCS), la Municipalité tirait la sonnette d’alarme:  Les communes s’enfoncent, la partition n’est plus jouable. Pully n’est pas la seule à affirmer que la somme allouée aux communes par le canton n’est pas suffisante, l’Association des communes vaudoises (ACV) les appuie, mais ce geste très médiatisé a déjà dit tout haut ce que nombre de communes pensent tout bas. Malaise. La situation serait cocasse si elle n’en était pas dramatique. Le paiement de la facture sociale est une obligation légale des communes, Pully s’acquittera de sa taxe mais désormais la question est posée et c’est une bonne chose. L’Union des communes vaudoises (UCV) a, quant à elle, décidé de signer l’accord avec le Conseil d’Etat pour une allocation progressive jusqu’à 150 millions annuels. Accord qui prend effet immédiatement et permet une diminution des charges communales. Les positions diffèrent dans les 309 communes vaudoises, mais la tendance – sans surprise – est à la baisse, l’idée étant de revenir à la situation d’avant 2003, à savoir un quota de deux tiers pour le canton et un tiers pour les communes. Le désaccord est patent et le nœud est gordien. Trancher sur la question ne sera pas chose aisée et s’inscrira sans doute dans un agenda plus large. D’autant plus que la calculation du taux échu à chaque commune dépend de la péréquation intercommunale qui, en elle-même, représente un équilibre mathématique prenant en compte un nombre de variables qui ferait perdre le tempo à un danseur de tango. Notre correspondant, Jean-Pierre Lambelet a tenté d’y voir un peu plus clair et nous présenter de façon concise et précise les tenants et aboutissants de cette fracture.