Elections communales
Alors que la plupart des syndicatures sont scellées, deux communes font exception
Si, dans quatorze des seize communes du district, les chefs des exécutifs ont été élus tacitement, à Paudex et à Saint-Saphorin, la population devra trancher le 26 avril.

Belmont-sur-Lausanne

Bourg-en-Lavaux

Chexbres

Forel

Jorat-Mézières

Lutry

Maracon

Montpreveyres

Oron

Puidoux

Pully

Rivaz

Savigny

Servion
Le phénomène peut surprendre, mais il est courant. Selon la Loi sur l’exercice des droits politiques (LEDP), lorsqu’un seul candidat se présente pour un seul siège, il est automatiquement proclamé élu. Aucun bulletin, aucun passage par les urnes : on parle alors d’élection tacite.
Ce mode de désignation concerne une large majorité des communes du district. A Savigny, Chantal Weidmann Yenny a ainsi été élue sans opposition. Même scénario à Belmont-sur-Lausanne, où Nathalie Greiner a également été reconduite. D’autres communes du district s’inscrivent dans cette logique, à l’image de Jorat-Mézières, Chexbres, Rivaz, Servion, Forel, Bourg-en-Lavaux, Lutry ou encore Oron, où les exécutifs se dessinent sans confrontation électorale.
Entre continuité et renouveau
Ces désignations sans vote traduisent le plus souvent une forme de confiance accordée aux candidats en place, ou une passation en douceur. A Puidoux, par exemple, le syndic sortant René Gilliéron ne se représente pas. Son successeur, Jean-François Rolaz, déjà membre de la Municipalité, s’inscrit dans cette logique de continuité, sans campagne ni affrontement.
A Maracon, où la Municipalité est 100 % nouvelle, c’est Raymonde Mäder-Blum qui a été élue à la syndicature. Au nord-ouest du district, on observe un nouveau syndic qui entre en fonction avec David Mellioret, à Montpreveyres. En descendant vers le sud, c’est un tournant symbolique qui s’est opéré avec l’élection de Nathalie Jaquerod, première femme à la tête de l’exécutif de Pully.
Saint-Saphorin : le retour du choix
A l’inverse, Saint-Saphorin fera figure d’exception. Ici, pas d’entente tacite, puisque trois candidats briguent la
syndicature, à savoir Gérald Vallélian (syndic actuel et réélu à la Municipalité par 114 suffrages), Mauro Contardo (municipal actuel et réélu par 126 suffrages) et Laurence Dellieu (conseillère communale et élue à la municipalité avec 135 suffrages). Dans cette configuration, un premier tour aura lieu le 26 avril. Pour devenir syndique ou syndic, il faut atteindre la majorité absolue. A défaut, un second tour se tiendra le 17 mai, à la majorité relative. Pour faire simple, qui c’est qui obtient le plus
de voix ?
Dans une commune de 393 habitants, cette multiplicité de candidatures interpelle. Elle traduit à la fois des visions différentes de l’avenir communal et, peut-être, une volonté de renouveau au sein de la population.
Paroles de candidats
Pour Gérald Vallélian, cette situation reflète avant tout une dynamique démocratique locale : « C’est la preuve d’une rare vivacité démocratique pour une petite commune. […] Cette mobilisation galvanise certains, et chacun a le droit de porter les envies des citoyens. » De son côté, Mauro Contardo met en avant une approche mêlant continuité et évolution : « Il ne s’agit pas d’opposer continuité et changement, mais de tirer le meilleur de l’existant tout en améliorant ce qui peut l’être. Mon objectif est de capitaliser sur cette base solide, tout en préparant l’avenir de façon responsable. » Enfin, Laurence Dellieu insiste sur l’importance du renouvellement et du bien-être des habitants : « Le renouvellement des édiles fait partie des principes fondamentaux qui permettent à la démocratie de conserver tout son dynamisme. »
Paudex offre le choix aussi
Ici, la situation diffère légèrement tout en se rejoignant sur un point : la syndicature se jouera dans les urnes. A Paudex, pas de fracture apparente ni de campagne offensive. Céline Dillner-Reichen, Jean-Philippe Chaubert, Farhad Kehtari et Jean-François Spring, sont tous les quatre déjà à l’exécutif. Hormis ce point commun, ils ont également tous fait acte de leur candidature pour la syndicature.
Dans un communiqué publié début avril, les quatre candidats insistent sur la continuité du fonctionnement collégial, quel que soit le résultat du scrutin. Inscrits sur une même liste, ils ont également fait le choix de ne pas mener de campagne.
C’est quoi, le rôle d’un syndic ?
Les syndiques et les syndics ont des rôles bien définis par la loi. A l’heure, où les communes vaudoises se choisissent – tacitement ou non – leurs prochains pilotes, Le Courrier en a profité pour comprendre en quoi consiste le job.
Diane Zinsel | « Le syndic ou la syndique remplit principalement trois rôles », explique Vincent Duvoisin, chef de la Direction cantonale des affaires communales et droits politiques. Une première fonction consiste à présider les séances et à coordonner l’action de la Municipalité en fixant des priorités et en veillant à la cohérence des politiques publiques communales. Le syndic doit aussi représenter la commune vis-à-vis de l’extérieur (canton, autres communes, population, partenaires institutionnels). Il a enfin un rôle de surveillance qui lui confère un droit de regard et de contrôle sur toutes les branches de l’administration.
Si ces missions sont globalement les mêmes pour toutes les communes du canton, « leurs contenus concrets varient fortement selon la tradition, la taille et les ressources de la commune », relève le chef de la Direction cantonale des affaires communales et droits politiques. Dans les plus petites communes, le syndic est souvent très impliqué dans les affaires opérationnelles, parfois au plus près du terrain (suivi de dossiers, contacts directs avec les habitants, etc.). Il gère l’administration communale, souvent composée de quelques personnes. En revanche, dans les communes plus grandes, son rôle est plus centré sur la coordination et la stratégie, tandis que chaque municipal gère les collaborateurs de son dicastère et porte les projets.
« Le syndic ou la syndique est aussi spécialement chargé de l’exécution des lois, décrets et arrêtés. Lorsqu’une infraction, commise sur le territoire de la commune et poursuivable d’office, vient à sa connaissance, il est tenu de la signaler immédiatement au Ministère public », détaille Vincent Duvoisin.
Quant à la rémunération et au taux de travail des syndics, ils sont déterminés par le Conseil communal ou général, sur proposition de la Municipalité et varient selon la taille de la commune, la répartition des charges au sein de la municipalité ainsi que les sensibilités locales.


