Ecole après école en Mongolie
De Carrouge à la Mongolie pour enseigner et garder vivant l’esprit nomade





Il y a trois ans, Aurélie Cornaz de Carrouge (VD), jeune femme de 31 ans, graphique designer, décoratrice et professeur d’escalade a vu sa vie prendre un tout nouveau tournant.
Elle enseigne aujourd’hui en Mongolie où avec une amie mongole, elles ont initié un projet humaniste, « Ecole après école Mongolie », respectueux de la culture et l’environnement financé par un soutien basé sur un crowdfunding.
Un chant comme un appel
« En entendant un chant diphonique khöömii, traditionnel de Mongolie, je me suis sentie transpercée. Cette mélodie gutturale m’a emmenée très loin, j’ai été bouleversée alors que je ne connaissais rien de ce pays. Dès lors, j’ai beaucoup lu sur cette contrée et son peuple et j’ai appris la langue très facilement. Après deux premiers voyages, je suis arrivée en Mongolie il y a trois ans dans le but de m’y installer, sans projet, sans travail, avec un visa touriste. Je me suis vite sentie à ma place. Grâce à une rencontre, j’ai pu trouver un travail et enseigner l’anglais et le dessin dans une école à Oulan Bator, la capitale. J’ai pu prolonger mon visa » relate Aurélie qui enseigne aujourd’hui l’anglais à travers l’art aux enfants de 5 à 10 ans. En parallèle, elle donne aussi des workshops artistiques en art-thérapie offrant la possibilité d’exprimer son ressenti et mieux comprendre ses émotions. Elle fait également partie d’un collectif d’artistes dans la capitale, des personnes inspirantes par leur simplicité et leur art profond, respectueuses de ce qui les entoure.
Désertification des campagnes et perte d’identité de la culture nomade
Le 8 mars 2025, lors d’un vernissage de ses tableaux en Mongolie, j’ai fait la connaissance de Urangoo Ider, jeune styliste, créatrice de sa propre marque de vêtements et artiste. « Nous avons rapidement perçu que nous avions de nombreux points communs dans notre vision des valeurs d’entraide et de diversité » se rappelle Aurélie qui sur place a fait le constat que la Mongolie, vaste pays d’Asie orientale enclavé entre la Russie au nord et la république populaire de Chine au sud, voit sa population rurale et nomade émigrer vers la capitale et s’y sédentariser. « Les écoles dans les campagnes sont de piètre qualité, la culture nomade disparaît » relève-t-elle.
Un projet basé sur la culture, l’échange pour enfants et adultes et un soutien économique
Désireuse de cultiver l’ouverture d’esprit et la sensibilité et de soutenir l’économie de cette région, les deux jeunes femmes fondent le projet « Ecole après école Mongolie ». « Notre objectif est de montrer que chaque individu possède des qualités, des talents et des connaissances précieuses qui méritent d’être reconnues et encouragées. De plus, nous souhaitons soutenir l’économie de cette région, par le biais d’un magasin local où les différentes créations, confections manuelles comme des habits, de la nourriture, des savons, thés ou articles de décoration, pourraient y être vendues. » Près d’Erdenet, deuxième plus grande ville du pays, sur un terrain appartenant à la famille de Urangoo, l’entreprise consiste à la création d’une grande yourte, déjà en construction, qui servira d’école pour les enfants nomades, ainsi que de deux yourtes plus petites qui accueilleront les bénévoles de différents pays. « Ce projet sera basé sur l’échange. Je m’occuperai de la partie création avec les enfants, ainsi que du jardin, la récolte des différents légumes et des constructions extérieures. Urangoo se vouera à la gestion des différents workshops avec les adultes, que ce soit en lien avec la couture, le papier ou d’autres médium tels que « recycling art » ainsi que la logistique avec le magasin local qui permettra de vendre l’artisanat pour lequel les Mongoles ont des connaissances ancestrales. Ce dernier leur offrira la possibilité de gagner leur vie et de rester en campagne tout en étant fiers de leurs travaux. »
Appel à la contribution pour la réussite de « Ecole après école, Mongolie »
Pour ce projet profondément humaniste, les deux amies ont établi un budget de Fr. 15’000.- comprenant la construction des 3 yourtes, des panneaux solaires, le matériel pédagogique et les fournitures ainsi que l’organisation des premiers évènements. Pour obtenir ce fonds, elles ont opté pour un crowdfunding permettant, d’une manière simple aux particuliers ou entreprises de financer leur projet. « Nous avons un délai au 14 juin, 9h, pour y arriver. Chacun peut mettre un montant déterminé donnant droit à une contrepartie ou simplement un montant à choix. Une fois le programme lancé, nous pourrons contacter différentes ONG. Si nous n’arrivons pas à réunir cette somme à la date butoir, l’argent versé sera retourné aux donateurs » expose Aurélie pleine d’espoir et impatiente de mettre en œuvre ce projet désireux de garder vivant cet esprit nomade et authentique.



