Débrancher pour admirer les Perséides

Durant la nuit du 12 au 13 août, plusieurs communes sont invitées à éteindre leur éclairage public. Objectif : admirer la pluie d’étoiles filantes.

Si prendre de l’altitude pour s’éloigner de la pollution lumineuse reste propice pour observer les astres,
éteindre les réverbères permet de rêver de décrocher la lune depuis son balcon

Texte et images Thomas Cramatte

La 4e édition du « Projet Perséides » se déroulera dans 115 communes du canton. Chaque année, cet épisode de météores survient durant la première quinzaine du mois d’août. Un spectacle fascinant qui est néanmoins caché par la pollution lumineuse. Pour admirer les splendeurs de la voie lactée et celles de cette pluie d’étoiles filantes, plusieurs communes de la région sont investies dans l’opération. C’est le cas de Forel, Oron, Puidoux, Pully et Ropraz, qui cesseront d’alimenter leurs réverbères le temps d’une nuit.

Derrière l’association « Projet Perséides » : un homme, une frustration, une idée. « Nous étions allés voir les étoiles avec ma fille et mon fils en 2013. C’est à ce moment-là que j’ai pris conscience du taux élevé de pollution lumineuse de notre région », se souvient Nicolas Genoud, fondateur du projet. « Le ciel était tellement brun, qu’il était impossible de voir quoi que ce soit ». Frustré de n’avoir pu contempler les astres avec ses enfants, le citoyen d’Orbe crée une association à but non lucratif voyant le jour en 2019. Une année plus tard, ce sont près de 120 communes vaudoises qui obscurcissent la nuit. L’an passé, des communes des cantons du Valais, de Fribourg et de Neuchâtel ont joué le jeu, soit près de 500 communes : « Nous avons l’ambition de nous étendre dans toute l’Europe », mentionne le site de l’association.

« Si la météo le permet, il sera possible de voir près de 200 étoiles filantes chaque heure ».

Nicolas Genoud, fondateur du projet perseides

Si, pour l’heure, les cinq communes du district mentionnées plus haut subventionnent l’association, Nicolas Genoud rappelle qu’il n’est pas nécessaire de cotiser pour débrancher son éclairage. C’est la raison pour laquelle l’année dernière, plusieurs autres communes du district avaient déjà tourné la prise à la mi-août. Attention toutefois, car certaines installations publiques nécessitent d’ôter les plombs des tableaux électriques régissant l’éclairage. Dans la majeure partie des cas, l’opérateur d’électricité est habilité à la tâche.

Observation bénéfique

« Si la météo le permet, il sera possible de voir près de 200 étoiles filantes chaque heure », précise le fondateur de Projet Perséides. Hormis le fait de pouvoir faire des vœux par centaine, cette action apporte une démarche scientifique. Un tel projet permet d’observer le cosmos dans des conditions optimales qui ont disparu au cours de ces dernières décennies, rapporte le site web de l’association. L’aspect écologique rentre également en ligne de compte, car il est prouvé que l’éclairage artificiel génère des dommages sur la faune : « Sans oublier qu’il est également source de gaspillage énergétique lorsque l’on éclaire des rues pour… personne ».

D’après le comité de volontaires, adeptes d’astronomie, éteindre l’éclairage public serait moins dangereux qu’il n’y paraît : « Nous avons constaté que les voitures roulent plus lentement et que leurs phares sont visibles », ajoute Nicolas Genoud.

Les bons plans pour en profiter

Si le point d’orgue des Perséides se tient dans la nuit du 12 au 13 août, il est possible de contempler la pluie de météores durant tout le début du mois d’août. A condition de respecter quelques fondamentaux. Pas de pollution lumineuse, altitude et bonne visibilité du ciel sont autant de conditions permettant de maximiser ses chances. La Tour de Gourze constitue un bon emplacement dans le district, tandis que les Alpes et le Jura font partie des grands classiques. Pour autant que la météo soit de la partie, car comme dit le dicton : « S’il pleut à la sainte Clarisse (12 août), c’est souvent comme vache qui pisse ».