Cinéma – « The mushroom speaks » de Marion Neumann

Sortie le 19 juin – Au cinéma d’Oron les 23, 24 et 25 juin

Charlyne Genoud | La semaine prochaine au cinéma d’Oron, la réalisatrice Marion Neumann sera présente pour présenter son nouveau film, The mushroom speaks, en partenariat avec les vert.e.s d’Oron.

S’inspirer du champignon

Pour Marion Neumann, réalisatrice de The mushroom speaks, le champignon est une porte vers l’inconscient et l’inconnu. De cette vision singulière, la cinéaste crée un film mettant en perspective cet élément naturel, que l’on tend à oublier. Or à une époque où la crise climatique devient de plus en plus inquiétante, le champignon apparaît comme un réel modèle pour l’homme, notamment par ses modes d’interactions avec la nature qui l’environne. Marion Neumann propose ainsi par son documentaire une ouverture passionnante sur le fongus, qui voit dans la communion des champignons avec la nature une véritable source d’inspiration pour l’être humain et son environnement.

Ecologie profonde

Ce mode de communication particulier que Marion Neumann souhaite développer par l’observation du champignon, elle le trouve directement dans la forme filmique. Elle décrit en effet qu’un film est avant tout une expérience de partage et de complicité. Dans cette tentative de questionner le rapport de l’homme au champignon, et du champignon à son univers, Marion Neumann s’inscrit dans la philosophie de l’écologie profonde. Cette dernière défend la valeur intrinsèque de la nature, loin de toute forme d’anthropocentrisme.

Porte-parole du champignon

Le documentaire suit ainsi plusieurs protagonistes, profondément inspirants par leurs rapports à la nature. Anna Lowenhaupt Tsing, autrice de The Mushroom at the End of the World et professeure d’anthropologie explique ainsi le fruit de ses passionnantes recherches. Vient ensuite le tour de Geoffroy Renaud, un fermier de Montréal engagé auprès du groupe d’activistes de radicale mycologie, qui lutte contre les sols contaminés par le pétrole. L’auteur d’un livre du même nom auquel le mouvement donne la parole ensuite, Peter Mccoy partage ainsi sa philosophie sur la myco-culture. Ces militants sont aussi secondés par des particuliers, tels que Ursula Weiher, cueilleuse de champignons dans la Forêt-Noire, en Allemagne. Finalement, le lien à l’humain est tissé par les propos de Franz Xaver Vollenweider, chercheur en psychiatrie à l’université de Zurich, dans le domaine des psychédéliques.

The mushroom speaks

Documentaire, Marion Neumann, Suisse, 2021, 89’, VF, 16/16 ans

Jeudi 23 juin, 20h (1), vendredi 24 et smedi 25 juin

(Sortie mercredi 22 juin)

Ursula Weiher, cueilleuse de champignons expérimentée, dans la Forêt-Noire

Marion Neumann: Filmer les échanges invisibles 

Marion Neumann est une réalisatrice née en Allemagne en 1977, qui vit désormais à Genève. Elle a étudié le film documentaire à Munich. The mushroom speaks est son deuxième long-métrage, après This moment is not the same, réalisé en 2010. Ce dernier racontait le vivre-ensemble par l’observation d’une cohabitation d’artistes suisses dans le cadre d’une résidence. Ses films semblent ainsi s’atteler à restituer les échanges, qu’ils soient d’un humain à l’autre, ou de l’être à la nature. C.G.

Le champignon, véritable protagoniste de ce documentaire
Autour du fungus, les liens se tissent jusqu’à former une véritable communauté