Bourg-en-Lavaux – La station d’épuration fait peau neuve

Raymond Bech, Municipal en charge, Stéphane von Kaenel, chef de secteur, et Baptiste Jaquet, chef de service,
devant la nouvelle tour de désodorisation

Christian Dick | La station d’épuration de Bourg-en-Lavaux se compose de deux unités : la STREL ou station de relevage, et la STEP, la station d’épuration proprement dite. La première occupe un bâtiment sis entre la route de Vevey et le nouveau port de Moratel. La seconde est bien visible et se situe sur le chemin du Champaflon à côté de la déchèterie. La STREL recueille la majorité des eaux usées du territoire communal. En début de chaîne, elle les pompe au moyen de deux vis d’Archimède, en extrait les corps solides et désensable les eaux récoltées. Les eaux prétraitées sont ensuite refoulées à la STEP. Là, l’eau y est séparée des matières lourdes, les «boues», dans un décanteur, puis subit un traitement par bactéries dans des bassins successifs et retourne, propre, au lac. Les boues extraites au fond des bassins finissent dans une centrifugeuse qui les sèche. Mais qu’entend-on par « boues » ? Les boues sont constituées des matières solides de nos toilettes qui aboutissent à la STEP. Après un passage dans le bassin primaire, les boues décantées sont évacuées vers un silo de stockage. Les eaux sont ensuite traitées biologiquement et rejetées au lac. Les boues subsistant de ce traitement sont redirigées dans le silo de stockage puis passées dans une centrifugeuse. Les matières sèches qui en sont extraites sont acheminées à la SATOM à Monthey, à raison d’un trajet par semaine en moyenne, dans une benne d’une capacité de 20m3, soit 200m3 de boue liquide avant traitement. La centrifugeuse est un élément essentiel du traitement des boues. C’est elle qui assure un degré de sécheresse permettant leur utilisation comme combustible dans les usines de la SATOM. Quelques pannes ont eu lieu durant l’automne et l’hiver 2018-2019. L’odeur parfois excessive a incommodé des riverains, des promeneurs et des campeurs. Mais l’origine des travaux de réfection remonte plus simplement à la vétusté du matériel. L’équipement électrique de gestion/commande est obsolète. Certaines pièces ne sont d’ailleurs même plus disponibles. Des réglages manuels effectués en dehors des heures ouvrables nécessitent par ailleurs un investissement excessif en termes de main d’œuvre.

Rappelons que les deux constructions STREL et STEP datent du début des années 70 et que leur capacité a été doublée en 1992 pour assurer le traitement des eaux d’une commune de plus de 5’000 habitants. Une réfection globale a été rendue nécessaire. Un premier préavis présenté fin 2019 au Conseil communal a été adopté. Cet objet concernait la chaîne de traitement des boues, la gestion de commande électronique ainsi qu’une installation de ventilation et de désodorisation de l’air vicié des locaux. Au préalable, il était nécessaire de connaître le sort de la STEP de Cully dans la planification cantonale en matière de régionalisation des stations d’épuration. « Le canton nous a confirmé que la STEP conservait son rôle important dans sa stratégie », relève Raymond Bech, Municipal en charge. « C’est d’autant plus important que le raccordement à d’autres stations aurait engendré des coûts énormes, et une grande incertitude en termes de planification dans le temps ». Le coût global du chantier avoisine Frs. 3’300’000.-. L’assainissement de la STEP a démarré en octobre 2020. Les travaux de réfection de la STREL vont commencer sous peu. Un nouveau préavis sera prochainement déposé pour la filière « eau », consistant en une réfection des équipements (conduites, vannes, automatisation des processus de traitement, améliorations sécuritaires) et l’installation d’un système de désodorisation. Il est aussi prévu d’améliorer l’efficience et l’autonomie énergétiques avec la pose de panneaux solaires qui assureront 60% des besoins en énergie, avec possibilité de réinjecter le courant excédentaire dans le réseau. La consommation électrique est de 300’000 KW/h par an. À cette réfection s’ajoutera un réaménagement de la place située à l’est de la STREL et lieu de passage très prisé par les promeneurs. Il a aussi été question dans les préavis d’exigences sécuritaires. Une nouvelle installation centrale commande les diverses installations, signale les lacunes et obéit à distance. L’appareil assure ainsi une sécurité accrue et immédiate en cas de panne.

Malgré la pandémie, les travaux se sont déroulés dans d’excellentes conditions et n’ont aucun retard malgré la fourniture de certains éléments spécifiques provenant de France, d’Allemagne et de Hollande. Ce plat pays, par exemple, dispose d’énormes quantités de canaux et s’est naturellement spécialisé dans la construction de vis d’Archimède. Le personnel occupé à la STEP, à la STREL et à la déchèterie est de 3,4 équivalents postes de travail ainsi répartis : trois employés à plein temps dont le responsable Stéphane von Kaenel, et une laborantine en chimie qui effectue des échantillonnages réguliers à soumettre au canton. Les rapports d’analyse du canton ont toujours démontré un strict respect des normes en vigueur, autre élément qui plaide en faveur d’un maintien de la STEP, et justifie sa modernisation.