Balades d’été
Etape 4 : La beauté du lac de Bret

Cet été, Le Courrier vous emmène marcher aux quatre coins du district. L’occasion de se dégourdir les jambes et de creuser un sujet qui surgit au cours de la balade. Quatrième étape : d’Oron-la-Ville à Puidoux.
Ce parcours d’environ 13 kilomètres traverse la campagne vaudoise dans toute sa douceur. Comptez environ 3h30 de marche, pour un dénivelé modeste qui rend l’itinéraire accessible à toute la famille. On y alterne entre forêts fraîches, chemins bordés de fermes, et l’incontournable halte au bord du lac de Bret, avant de rejoindre Puidoux.
Premier arrêt : Le grand hêtre
Au départ d’Oron, le chemin du Chaney passe devant un magnifique hêtre. Deux bancs publics permettent de faire une halte à l’ombre de sa majestueuse couronne, l’occasion parfaite de boire un peu d’eau et d’admirer les montagnes qui s’étendent à l’horizon.
Deuxième arrêt : Le lac de Bret
Niché à 674 mètres d’altitude entre la Tour de Gourze et le Mont-Pèlerin, le lac de Bret doit son existence à la dernière glaciation : les dépôts morainiques du glacier du Rhône, en se retirant, ont laissé derrière eux une dépression qui s’est peu à peu remplie d’eau. Longtemps simple marécage, il a pris son visage actuel à la fin du XIXe siècle, lorsque les eaux du Grenet y ont été détournées pour augmenter sa surface et l’utiliser comme source d’énergie pour la Ficelle – le funiculaire reliant la gare de Lausanne à Ouchy.
Troisième arrêt : Un autre lac en vue
En quittant le lac, le chemin s’engouffre dans le Bois de la Vulpillière jusqu’à ce que l’horizon s’ouvre sur Puidoux et au loin le Léman. Il est temps d’entamer la descente qui mène droit à la gare CFF. Rappelez-vous bien de ce dernier bout, il faudra le prendre en sens inverse lors de la prochaine étape.



Petit détour pour protéger une grande biodiversité
La partie nord du lac de Bret vient d’être classée par le canton de Vaud. Un petit détour a été tracé pour laisser en paix la grande biodiversité qui peuple ce côté du point d’eau.

La petite colline qui surplombe le lac de Bret offre une vue plongeante sur des prairies de nénuphars et des roselières inondées. « Très peu de plans d’eau présentent encore cette ceinture de végétation aquatique à cheval entre la rive et l’eau », expliquait, avant le classement, Catherine Strehler Perrin, cheffe de la division biodiversité et paysage de la Direction générale de l’environnement. D’ailleurs, une grande partie des espèces qui peuplent ce bout de rive figurent sur la liste rouge des espèces menacées en Suisse.
Sur l’eau, immobile, une silhouette sombre se découpe entre deux nénuphars : un grèbe castagneux, tapi dans les herbiers, peut-être ? Plus loin, un froissement dans les roseaux trahirait-il la rousserolle effarvatte, une petit oiseau au croupion roux, à moins que ce ne soit un blongios nain, le plus petit des hérons européens, discret nicheur. La prochaine fois, il faudra empaqueter des jumelles !
Nicheurs et migrateurs
Depuis que la partie nord du lac de Bret a été classée par le canton de Vaud, le tracé de l’itinéraire a été adapté pour laisser de l’espace à la biodiversité. Comme l’indiquent plusieurs panneaux savamment positionnés, le sentier recommandé ne longe plus l’eau. Il passe désormais devant la ferme Pied de Boeuf, suit la route de la Barnum quelques mètres, avant de redescendre en direction du rivage.
Ce court détour permet de rendre sa tranquillité à cette partie du lac qui abritent vingt-deux espèces de libellules – un quart de celles recensées en Suisse – et près de deux cents espèces d’oiseaux entre nicheurs fidèles et migrateurs de passage, tels que bécassines, chevaliers ou vanneaux huppés qui en profitent pour faire escale avant de reprendre leur route. Sans compter la ribambelle de crapauds, grenouilles et couleuvres qui profitent de cet emplacement parfaitement situé entre forêt et marais pour pondre et pour chasser.

Fraîcheur bienvenue
Déjà inscrit à l’inventaire des monuments naturels et des sites du canton de Vaud depuis 1983, le lac de Bret est reconnu comme réserve cantonale de faune depuis 1992. Avec le classement de sa rive nord, le canton a fait un pas supplémentaire qui lui permet d’intensifier la protection des espèces et biotopes rares, mais aussi de réguler les usages du site par le public.
De retour proche de la rive, le sentier serpente entre les arbres jusqu’à la partie sud du lac. Nageurs, pêcheurs, navigateurs et adeptes de sport nautique en tous genres profitent des 80 % du plan d’eau pour leur loisirs. En ce mercredi caniculaire, le vent souffle juste comme il faut pour permettre à une petite équipe de pratiquer du windfoil, tandis qu’une famille pique-nique, assise à l’ombre des arbres. La prochaine fois, il faudra aussi empaqueter un maillot de bain !



