Au Château d’Oron et à Mézières – Deux expositions personnelles de l’artiste Sève Favre
Collaboration intercantonale inédite entre le Château d’Oron et le Musée du Papier peint à travers deux expositions personnelles de l’artiste Sève Favre sur la thématique des Plantes invasives.

© Jelena Barraud

Florea
(Épistèmé floral)
© Jelena Barraud

© Luiza Folegatti

Comm. | Dans le cadre d’une collaboration entre le Château d’Oron et le Musée Suisse du Papier Peint, l’artiste Sève Favre a développé un projet en deux volets autour des espèces végétales invasives, de l’histoire coloniale et de l’esthétique botanique qui entre en résonnance avec des éléments historiques présents dans ces deux institutions. Ces expositions s’appuient notamment sur les recherches effectuées par l’artiste lors de sa résidence artistique au Château de Mézières (FR).
Au Château d’Oron, l’exposition « Hubris botanique » interroge la fascination européenne pour les plantes exotiques, à travers les récits de naturalistes et les archives conservées dans la bibliothèque du lieu. Cette « hubris », ou démesure scientifique et esthétique, a conduit à l’extraction, la reclassification et l’appropriation des végétaux venus d’ailleurs, souvent au détriment des savoirs autochtones.
En écho, « Némésis végétale », présentée au Musée suisse du Papier Peint de Mézières (FR), donne à voir les conséquences contemporaines de cette histoire : les plantes autrefois convoitées pour leur beauté ou leur rareté, telles que le bambou doré, le mûrier à papier, la balsamine de l’Himalaya ou le palmier chanvre, sont aujourd’hui qualifiées d’invasives. Le titre de l’exposition évoque une forme de retour de bâton : ces espèces, introduites pour orner ou enrichir, deviennent les symptômes visibles d’un déséquilibre hérité du passé colonial, impactant nos écosystèmes actuels.
A travers ce double projet, Sève Favre propose une relecture critique et poétique du végétal : non plus comme simple décor ou ressource, mais comme mémoire vivante, à la fois témoin, acteur et révélateur des dynamiques de pouvoir passées et présentes.
Cette collaboration avec l’artiste Sève Favre confère d’ores et déjà au projet une envergure internationale. Sa participation au symposium « If Walls Could Talk », en septembre 2025, à l’Université de Leeds (UK), où elle a présenté son travail ainsi que les institutions partenaires, a permis d’assurer au projet une première visibilité à l’étranger. Par ailleurs, sa sélection pour une exposition autour de cette thématique lors de DesignTO (Toronto, Canada) en janvier 2026 vient confirmer ce rayonnement, mettant en lumière deux institutions régionales suisses sur la scène artistique internationale.
Sève Favre, artiste plasticienne et historienne de l’art
Portée par une vision poétique, participative et profondément ancrée dans le vivant, Sève Favre est une artiste pluridisciplinaire d’origine valaisanne basée au canton de Vaud, dont la démarche explore les liens entre l’humain, la mémoire, les processus interactifs et l’écologie. Son travail a été exposé en Suisse et à l’étranger dans des musées tels que le Musée Gutenberg à Fribourg, le CICA Museum à Séoul, dans des galeries comme la Fondation WRP à Genève, PS122 Gallery à New York ou encore La Gran Gallery à Madrid. Il a également été présenté lors de foires telles que DesignTO à Toronto, et au sein de plusieurs résidences artistiques notamment celle du MASS MoCA aux Etats-Unis ou du Pedvale Art Museum en Lettonie, ainsi que dans le cadre de biennales internationales, notamment Bienalsur 2021 (Argentine & Arabie Saoudite) et la Biennale de Larnaca.
Il est possible d’avoir un aperçu de sa production artistique via ses réseaux sociaux @sevefavre ou son site internet www.sevefavre.com



