A la rencontre des gens d’ici
Philippe à Puidoux

« Je suis venu au travail du bois tout naturellement, par tradition familiale. Tout comme mon papa, Jean-Jacques, et mon fils Sébastien, qui prendra bientôt ma succession, j’ai fréquenté l’Ecole des métiers de Lausanne. Mon grand-papa, Paul, qui a fondé notre entreprise de menuiserie en 1936, avait lui appris le métier sur le tas. La famille vit à Puidoux depuis plusieurs générations. »
Homme affable et souriant, Philippe Jossevel, à la tête de la menuiserie familiale qui porte son nom, est connu comme le loup blanc, bien au-delà de son village. Cet artisan-menuisier perfectionniste s’est fait connaitre sur un vaste territoire, de Lausanne à la Riviera, pour ses réalisations méticuleuses. De ses ateliers, situés à l’orée de Puidoux-Village, sortent portes, fenêtres, volets, aménagements intérieurs ou extérieurs, mobilier, etc. Une quinzaine de collaborateurs sont à l’œuvre pour achever les commandes, sous un toit couvert de panneaux solaires.
A 59 ans, après une vie de travail déjà bien remplie, aux côtés de son épouse qui se charge de l’administration, il songe gentiment à lever le pied… Mais pas tout de suite ! « Je pense travailler encore trois ans. Après quoi c’est mon fils Sébastien qui prendra le relais. Chez-nous, la passion se transmet de génération en génération. Mais mon retrait sera progressif… » explique-t-il en souriant, apparemment un peu surpris, que l’on puisse s’intéresser à lui.
D’où vient le bois de la menuiserie ? « De Suisse, pour le sapin ; d’Allemagne ou de France pour le chêne… Nous travaillons aussi quelques bois exotiques, mais de moins en moins. » Le changement climatique a-t-il des incidences sur les fournitures ? « C’est plutôt la situation géostratégique qui a des conséquences. Avec la guerre en Ukraine et les sanctions contre la Russie, nous ne pouvons plus importer du hêtre de Sibérie. Celui d’Europe est plus cher et de moins bonne qualité. » Présent lors de cette rencontre, à côté de son papa, Sébastien précise : « Il a plus de nœuds. C’est plus difficile à travailler. »
Interrogé sur les gros travaux en cours, Philippe et Sébastien sortent les plans d’une grande bibliothèque circulaire qu’ils étalent sur la table de leur bureau. « Elle est destinée à Cully ; c’est une commande de la commune de Bourg-en-Lavaux », précisent-ils. « Elle fera le tour d’une vaste pièce et des milliers de livres pourront y être ordonnés ». Vraiment très impressionnant ! Ah oui… Pour la petite histoire, le second fils Jossevel, Christophe, a migré du bois vers le minéral : il est devenu géologue. Et manifestement, lui aussi est très calé dans son domaine.
Merci de votre accueil, père et fils Jossevel. Et bonne suite dans vos œuvres…


