900 vélos électriques Lime déployés dans le Grand Lausanne
Depuis le 20 juin 2026, 27 communes du Grand Lausanne, dont Belmont-sur-Lausanne, Lutry, Paudex, et Pully, disposent d’un nouveau réseau de vélos en libre-service, exploité par l’entreprise américaine Lime. Tour d’horizon du service : tarifs, surveillance des usagers et promesses écologiques affichées.

Nouveauté ? Pas tout à fait. Car une partie de l’agglomération disposait déjà d’un réseau de vélos électriques en libre-service de 260 vélos, avec PubliBike, la filiale de La Poste. Mais l’opérateur suisse a fini par jeter l’éponge, plombé par des années de vandalisme qui pénalisaient aussi les subventions communales, notamment à Nyon, où les vélos rouge et blanc ont déserté la ville l’année dernière. Le nouveau service est exploité par l’américain Lime avec un contrat jusqu’en 2031, il met à disposition 909 vélos électriques entre Lussy-sur-Morges et Lutry, à raison d’un vélo pour 500 habitants, avec la possibilité d’en ajouter si la demande grimpe.
A Pully, 60 vélos sont mis à disposition des habitants, chaque commune casquant au prorata du nombre de vélos installés sur son territoire. A Lutry, où il n’y avait pas de vélos en libre-service jusqu’ici, la commune a mis à disposition 22 vélos Lime.
Attention, libre-service ne veut pas dire gratuit. Les utilisateurs doivent débourser 50 centimes pour déverrouiller le vélo, puis 24 centimes par minute. Un abonnement LimePrime permet aussi des trajets illimités, pour 2,50 francs par jour ou 7,99 francs par mois. Les étudiants ou toute personne rattachée à l’EPFL et l’UNIL bénéficient d’un rabais de 30 % sur les tarifs à la minute.
Sous haute surveillance
Côté sécurité, la flotte, dernière génération, intègre des dispositifs antivandalisme et des freins automatiques dans les zones sensibles. Chaque commune peut interdire certains secteurs ou limiter la vitesse, avec des amendes en cas de stationnement hors zones prévues à cet effet. Et pour les usagers, la surveillance ne s’arrête pas là : « Chaque vélo est géolocalisé en permanence », confirme Patrick Sutter, municipal à Lutry en charge de la mobilité. Les communes peuvent aussi choisir de rendre le cadenassage des vélos obligatoire aux arceaux. Lutry a fait le choix inverse : « Nous avons décidé de ne pas l’exiger, pour éviter de saturer les arceaux existants et de priver les cyclistes avec leur propre vélo d’une place pour l’attacher. »
Sur le terrain, peu d’aménagements ont été nécessaires pour accueillir la nouvelle flotte. Pas de bornes de recharge à installer, Lime fait intervenir son propre personnel, qui remplace directement les batteries sur les vélos. Les craintes des communes portaient surtout sur le coût des emplacements dédiés, finalement limité à un coup de peinture au sol et au renforcement de quelques arceaux existants. « Cette offre supplémentaire ne se fait pas au détriment d’une autre mobilité », souligne Sébastien Fague, municipal de la Mobilité à Pully, satisfait de voir la multimodalité renforcée dans la région.
Greenwashing ?
L’application ne manque pas de remercier ses utilisateurs de rouler avec Lime pour construire, dit-elle, un avenir sans CO2. Un slogan à nuancer, comme le relève une étude parisienne publiée dans la revue scientifique Transportation Research Part D : Transport and Environment, un Vélib’ émet, sur l’ensemble de son cycle de vie, près de trois fois plus de CO2 par kilomètre parcouru qu’un vélo personnel (33 grammes de CO2 équivalent par kilomètre, contre 12 environ pour un vélo personnel), notamment à cause des opérations de redéploiement et de maintenance de la flotte.
Dans le Grand Lausanne, ce travail n’est pas assuré par des bornes de recharge fixes, mais par du personnel qui se déplace directement pour remplacer les batteries usées par des batteries chargées, une logistique qui alourdit elle aussi le bilan de chaque trajet. Aucune étude équivalente n’existe à ce jour sur le réseau Lime du Grand Lausanne, mais le principe, plus d’usure et de logistique pour un vélo partagé, reste transposable. Sans compter que l’arrivée de 909 vélos neufs, en remplacement d’une flotte PubliBike pas forcément arrivée en fin de vie, interroge elle aussi sur le bilan carbone réel de l’opération. Sans oublier que d’ici 5 ans, le mandat pourrait revenir à une autre société et ainsi changer, une nouvelle fois, le parc de vélos.
Autonomie
Tous les modèles sont équipés de paniers. En testant l’application, nous n’avons pas trouvé de vélo avec plus de 36 kilomètres d’autonomie. On peut alors se demander si une diminution est à prendre en compte au vu du dénivelé de la région. Après, les usagers peuvent poser leur monture et en reprendre un autre avec plus de charge, en déboursant 50 centimes supplémentaires .



