votations fédérales

Un double OUI dans les urnes

Monique Ryf, Députée socialiste et Conseillère communale à Oron, Vice-présidente du PSV  | L’initiative populaire « entreprises responsables – pour protéger l’être humain et l’environnement » devrait passer la rampe sans problème le 29 novembre prochain. Les soutiens à ce texte sont larges, aussi bien dans la société civile, avec de nombreuses ONG et des représentant.e.s des partis politiques, de la gauche à la droite – avec l’UDC du Valais romand, en passant par les partis du centre. Il ne faut jamais vendre la peau de l’ours avant qu’il ne soit tué. Mais on ne peut tout simplement plus fermer les yeux devant les dégâts causés en tout impunité à l’étranger par des multinationales qui ont leur siège en Suisse. Quelques noms, quelques exemples, si souvent répétés : Glencore qui, avec l’exploitation d’une mine au Pérou, empoisonne la population avec des métaux lourds comme le plomb. Glencore encore responsable de la pollution de l’eau potable en Colombie. Ou Syngenta qui exporte impunément en Inde un pesticide interdit en Suisse. Un pesticide qui cause de nombreuses intoxications. Alors on peut défendre le travail qui est donné aux autochtones par ces entreprises, comme le font les opposants à l’initiative. Mais ce travail doit-il se faire au détriment de la santé des enfants, des jeunes et des adultes qui vivent dans ces régions ? la réponse est évidente. Ce d’autant plus que d’autres entreprises arrivent, volontairement, à respecter les droits humains et l’environnement. Mais comme très souvent, c’est parce qu’un tout petit nombre ne veut pas accepter de renoncer à ses bénéfices qu’il faut légiférer pour tous. En disant OUI à l’initiative pour des multinationales responsables, vous donnez la possibilité aux victimes d’obtenir réparation, ici, en Suisse, où se trouvent le siège de ces multinationales. La deuxième initiative soumise au vote – pour une interdiction du financement des producteurs de matériel de guerre  – est plus complexe. Elle demande que l’argent de la BNS, des fondations suisses ou encore des institutions de prévoyance ne puisse pas être utilisé pour financer des entreprises réalisant plus de 5 % de leur chiffre d’affaires annuel avec la production de matériel de guerre. Car vous ne le savez certainement pas, mais l’argent de votre caisse de pension par exemple est peut-être investi dans du matériel de guerre qui est vendu à des pays en guerre. On ne peut décemment pas prôner la paix et la neutralité d’un côté et, de l’autre, investir dans l’industrie d’armement sous prétexte que l’investissement est rentable. La finance doit aussi se plier à des exigences éthiques et c’est pour cela que nous vous invitons à voter oui également à cette initiative !