Vendanges 2026
Fin de vendanges sur fond d’été indien
Jeudi 17 septembre, il était déjà temps d’aller à la rencontre de la dernière famille de vignerons à Riex, qui terminait ses vendanges le lendemain. Une situation plutôt exceptionnelle pour Constance et Jean Duboux qui sont souvent parmi les premiers à commencer. Entre les activités annexes de dégustation, la location de leur caveau et la maturité du raisin, il a fallu un peu s’organiser.

«Heureusement que nous n’avons pas maintenu le rendez-vous de samedi, car les vendanges vont se terminer vendredi », sourit Constance à mon arrivée. Depuis le mardi 15 septembre, voisins, amis et locaux s’activent dans les vignes du domaine de Riex pour ramasser le raisin blanc. Fernando, leur ouvrier vitivinicole à l’année, s’occupe de coordonner la récolte, tandis que Jean a la charge du pressoir. Constance, soutenue par une aide pendant les vendanges, veille aux vinifications des différents crus.
L’ambiance est conviviale en cette fin de journée. Proches de leur pressoir, Constance et Jean attendent les derniers raisins. Pour Jean, « c’est important d’avoir l’ambiance vendanges. Nous cherchons aussi du monde pour cela. On aime le côté où on fait les repas ensemble pour profiter les uns des autres. Les vendanges, on les voit comme un moment festif, c’est la consécration de l’année. Après, c’est drôle car il y a encore des gens qui pensent qu’on travaille une semaine par année, surtout ceux qui voient les vignes pour la première fois. »
Quand le raisin dicte le rythme
« C’est assez inhabituel que nous soyons parmi les derniers pour les vendanges. On commence avant avec les rouges, là on a fait les 3 et 4 septembre. Le raisin était prêt, mais il y a aussi l’aspect logistique : nous avions pas mal de travail avec les groupes, le caveau et la mise en bouteille », explique Constance Duboux.
Car il y a aussi de cela dans la vie des vignerons-encaveurs : souvent, ils ont aussi des activités de dégustation et d’œnotourisme qu’il faut mettre, un peu, sur pause pendant les vendanges. Lorsque l’on travaille avec un produit vivant, qui répond surtout à la nature, il faut savoir s’adapter. « Normalement, on avait prévu de fermer le caveau pour le 20 septembre, selon notre pressentiment avec la fleur au mois de mai/juin. Finalement, j’ai eu mon dernier groupe le lundi après-midi. On n’a pas le choix et on fait avec. C’était aussi prévu que l’on prenne des vacances, mais ce sera pour plus tard. On a peu dormi et travaillé le soir et le week-end », souligne Constance.
« Il faut aussi dire que nous sommes un petit domaine, donc nous faisons tout. Entre les vignes, le vin, les ventes, l’accueil et le démarchage, entre autres, nous devons nous adapter. En plus, avec les vendanges bien plus tôt, il y a aussi l’organisation générale avec une grosse mise en bouteilles, juste avant les vendanges. Cela demande un peu plus de manutention, car il faut de la place pour stocker les bouteilles, mais aussi à la cave pour les vendanges. Et finalement, avec tout cela, il nous manque un mois de ventes », rajoute Jean.
Culture biologique et valorisation du produit
A la reprise du domaine en 2017, Jean et Constance avaient deux objectifs : passer la production en bio, tout valoriser et ne plus faire de vrac ou de vente de raisins. Depuis 2024, le domaine est en bio fédéral et le millésime 2026 aura officiellement le logo sur les bouteilles. « On est assez contents, car c’est un aboutissement, au fur et à mesure, parcelle par parcelle. Nous avons toujours des vins de qualité et primés. Ce changement a aussi été bien accepté par nos clients historiques. Ils voient que la qualité est toujours là. Il y a de la perte de récolte, mais cela correspond à nos besoins en termes de ventes. Finalement, la vigne s’est régulée par elle-même », s’enthousiasme Constance.
Concernant le deuxième objectif fixé par le couple, depuis 2021, ils font uniquement de la vente de bouteilles. Cela leur a permis d’être un peu plus sereins sur le passage au bio et de produire selon leurs besoins. « Nous n’avons pas le souhait de grandir, et préférons adapter notre récolte à nos besoins. Mais quand on voit que les quotas diminuent toujours plus, on se fait aussi beaucoup de souci pour nos collègues. Nous avons beaucoup d’empathie pour ce que certains domaines vivent. C’est aussi terrible pour le paysage, l’arrachage sera inévitable pour tout le monde, il faudra faire cela intelligemment », relate Constance.
Entre les températures exceptionnelles et la qualité du raisin, les vendanges ont été rapides cette année. Même si la joie était au rendez-vous, nous sentons bien que les préoccupations et l’avenir de la vitiviniculture font partie des discussions et que les défis sont légion. Pourtant, à chaque rencontre nous ressentons la passion, l’envie de réaliser un millésime d’exception et, surtout, une très grande capacité à s’adapter. Ce sont des femmes et des hommes qui cultivent la terre, qui chaque jour dépendent de la météo et souvent de ses aléas, mais qui gardent espoir et qui adaptent leur manière de travailler la vigne. Des encaveurs qui, même après 50 vendanges, n’ont jamais vu une telle vendange et doivent également adapter leurs vinifications et sont concentrés pour que les fermentations se passent bien. Car oui, même si le raisin a été récolté et que les ressats ont été célébrés, il faut maintenant créer ce nectar (divin) et le travail en cave ne fait que commencer. Il faudra être patients pour découvrir le millésime 2026 et souhaiter à nos vigneronnes et vignerons que le public sera au rendez-vous !
C’est quoi les quotas de production ? La minute Juju vous explique
Les quotas de production sont les quantités maximales de production de raisins. Annoncés par kilos de raisins au mètre carré, ils étaient établis pour 2026 à 0.950kg pour les cépages blancs (région Lavaux, Dézaley et Calamin).
Le principe se base sur l’offre et la demande. L’observatoire suisse du vin fait un état des lieux de la production, des stocks et des ventes. Le but étant de ne pas augmenter les stocks.
Ensuite, il y a des discussions entre les différentes associations interprofessionnelles, entre la production et le négoce.
Finalement, c’est la cheffe du Département de l’agriculture, de la durabilité, du climat et du numérique qui fixe chaque année les quantités maximales de production de raisins, après consultation de la Communauté interprofessionnelle du vin vaudois.


