Une rentrée de «maîcresse», c’est…

Lundi 

Pascale, enseignante à Savigny  |  Premier jour d’école pour la petite Alice*. Fin de matinée, la cloche sonne, tout le monde est dans le vestiaire.

Elle me regarde mettre sa boîte de récréation «La Reine des Neiges» dans son sac à dos miniature assorti. Elle ne veut pas abandonner ses pantoufles sur le banc, ni être affublée du sautoir jaune du BPA. Elle n’est pas non plus d’accord de laisser son sac de rythmique à son crochet. Très sérieuse, elle veut reprendre toutes ses affaires à la maison. Et là, elle se tourne vers moi et me dit: «Pourquoi? Pourquoi je dois laisser ça là? Moi, à l’école, je reviens plus!»

Mardi

Deuxième jour d’école pour Bastien*. Il frétille comme une petite truite en marchant dans le cortège, derrière ses camarades, et d’un coup, alors qu’on lui montre les limites de la cour, peu intéressé par le pourtour du préau il me lance: «Je suis heureux, je suis le plus heureux de toute la terre! Je rêvais de faire un cortège avec tout plein d’enfants! J’en rêvais et je le fais!»

Mercredi

Troisième jour d’école pour Corentin*, qu’il faut accompagner aux toilettes, en veillant à ce qu’il s’en sorte à peu près bien. Très volubile, il papote sur son trône et raconte plein d’histoires, et d’un coup: «Quand je serai grand, je ferai comme papa.» Et qu’est-ce qu’il fait papa? «Ben… il fait pipi debout!»

Jeudi

Quatrième jour pour Loïc* qui doit finir un travail de picotage au poinçon. «Tu sais pourquoi j’ai pas fini hier?  C’est parce que ma main, elle était fatiguée!»

Vendredi

Cinquième et dernier jour de la semaine. On retrouve la petite Alice* en larmes à midi, parce qu’elle ne veut pas rentrer à la maison, et dans de gros sanglots on entend qu’elle répète: «Je veux rester à l’école!»

Une rentrée de «maî-cresse», c’est toujours des moments uniques, drôles et émouvants… On ne sait jamais ce qui va arriver, mais ça arrive toujours.

C’est comme ça une belle rentrée de «maîcresse»…

* Prénoms d’emprunt