Uberisation

Tout le monde a déjà entendu ce terme et en comprend intui-tivement le concept. De même, et surtout ! nous avons tous vu le front uni qui s’est dressé face à cette « société » de taxis d’un nouveau genre, menace pour une tradition séculaire et pour de nombreux emplois. Le phénomène « Uber » n’est toutefois pas uniquement lié au transport de personnes…

Lorsque nous parlons d’uberisation de la société, cela ne veut pas dire que tout le monde prendra le taxi à l’avenir, mais bien que la structure de fonctionnement de ces taxis est réutilisable dans une multitude de domaines, et c’est bien là que réside la menace.

Le concept en lui-même est redoutable et symptomatique de l’avancée technologique que nous subissons. Car oui ! dans ce cas précis, nous la subissons. Notre conscience n’a pas encore eu la possibilité de comprendre les conséquences de la mise en place d’un tel système d’offre et de demande ; il s’agit bien du système le plus sophistiqué au point de vue optimisation commerciale. Dans le cas d’une société de taxis, tous les intermédiaires ont été « effacés », il ne reste plus que le chauffeur et le client reliés par une interface. Le contact est simple et efficace, l’interface est unique et disponible au niveau mondial. Le rêve de tout chef d’entreprise: réduction des coûts en personnel, locaux et entretien, et un contrôle logiciel en temps réel et à distance… l’optimisation absolue, le Graal du statisticien et de l’actionnaire ! Qui plus est, comme pour toute innovation de ce niveau, surfant sur un vide juridique, une absence de réglementations légales. Je dis Bravo !… mais je ris « jaune taxi ».

Aucune velléité de jugement ici, clients et fournisseurs sont satisfaits, les concurrents un peu moins, mais il faudra admettre que le combat d’arrière-garde a rarement fait « mouche ». L’Histoire est en marche, nourrie par les progrès technologiques, et nous sommes le bambin qui joue avec l’arme à feu. L’apprenti-sorcier reste un apprenti, et la mentalité du tout-tout-de-suite nous collera sans aucun doute une balle dans le pied, reste à savoir quand.

Pour la petite histoire, nous avions déjà remplacé le nom d’un objet quotidien – le stylo – par le nom de sa marque : le Bic. Le progrès en a tellement fait que nous voilà à utiliser le nom de la marque pour un concept commercial, peut-être même un modèle de société !  C’est l’progrès ma bonne dame !