Trek – Une Cancoire dans le désert marocain !

Cette course a aussi un côté humanitaire et c’est cela qui a plu à Lidwine Torjman et ses acolytes

Les quatres amies ont parcouru près de 100 km dans le Sahara marocain

Eric Moser | Comment allier dépassement de soi et action humanitaire ? Une Belmontaine, Lidwine Torjman, a trouvé sa réponse en participant, la semaine dernière, au Trek Elles marchent dans le désert marocain. Au programme, environ 100 km de marche en 4 jours et une dernière journée qu’elle n’est pas prête d’oublier.

Il est des événements anodins qui, parfois, peuvent vous amener à vivre une expérience exceptionnelle. C’est ce qu’a connu Lidwine Torjman. Cette férue de sport se rend un jour dans la salle qu’elle fréquente. Là, elle y entend des femmes parler du Trek Elles marchent. Intriguée, elle s’approche, demande ce qu’est ce trek et est convaincue. C’est certain, elle veut y
participer !

Elles marchent, c’est un trek d’orientation qui se déroule par équipes de quatre femmes et qui a lieu dans le Sahara marocain. Il se compose de deux thèmes. Le trek d’orientation en lui-même qui se déroule les quatre premiers jours et une action solidaire lors de l’ultime journée au profit de l’association « Le Défi du Cœur »

Première participation reportée pour cause de Covid

C’est en mars 2020 que Lidwine Torjman s’est inscrite en compagnie de ses coéquipières, Anne Mieke Grau-Hoijer, Laurence Stroscio et Séverine Paolone. Le nom de leur équipe ? Die Wüstenblumen (ndlr. Les Fleurs du désert). « Nous devions partir en 2021, mais cette édition a été reportée à cause du Covid. C’était une grande déception sur le moment, mais avec le recul, je pense que c’est une bonne chose que notre participation ait été repoussée d’une année, cela nous a permis de mieux nous connaître ».

Un stade de préparation à Paris

Pour se préparer, la Cancoire et ses amies se sont vues, souvent. Ont parcouru des kilomètres, beaucoup. « Nous avons marché pendant une année. Nous essayions de nous voir une fois par mois. Comme nous ne venions pas toutes de la même région, nous nous retrouvions à mi-chemin et allions marcher en montagne ». Les quatre consœurs ont également dû se rendre à Paris pour participer à un stage de préparation dans le but d’apprendre à se servir d’un compas, d’une boussole et d’une carte. « C’est quelque chose que je n’avais jamais fait auparavant ».

L’aventure commence, sans téléphone portable 

C’est avec un peu d’appréhension que les quatre amies sont arrivées dans le désert marocain. « On imaginait comment cela allait se passer, mais on ne le savait pas vraiment ». Arrivées sur place, les concurrentes ont dû se séparer de leurs téléphones portables pour éviter la tentation de se servir de GPS durant leur périple. Peu habituées à lire une carte, les Wüstenblumen y sont allées au talent comme on dit. « Lire une carte, c’était justement un peu mon problème. J’étais nulle pour l’interpréter et dire, par exemple, qu’il fallait passer entre deux montagnes avant de recalculer notre itinéraire. Nous nous sommes quand même débrouillées comme nous pouvions. Notre but, c’était avant tout de participer, de rencontrer du monde et de voir les locaux ». Au final, les Wüstenblumen se classent à la 37e position. Elles étaient 50 à prendre le départ de ce trek. Même si cette place ne constitue de loin pas une déception, Lidwine Torjman avoue qu’elle a, avec ses collègues, perdu passablement de places à cause, non pas des kilomètres parcourus, mais d’un tout autre motif. « Le truc qui nous a un peu plombé, c’est que, chaque jour, nous devions atteindre trois bornes. Une fois arrivées à celles-ci, il fallait répondre à des questions. Lors de la première journée, nous n’avons pas été très bonnes dans ce domaine. Cela nous a pénalisées et au terme de la première étape nous ne pointions qu’à la 47e position ».

Des trekeuses qui abattent l’équivalent d’une année de travail

Elles marchent, ce n’est pas seulement le trek d’orientation. Cette course a aussi un côté humanitaire et c’est cela qui a plu à Lidwine Torjman et ses acolytes. « Lorsque nous sommes parties à l’aéroport, nous avions le droit d’emporter un carton de 10 kilos dans lesquels nous pouvions mettre des t-shirts, des culottes et tout ce dont les autochtones peuvent avoir besoin ». Sur place, les participantes ont pu aussi aider à la construction d’un village. « Nous avons appris à construire des maisons en torchis. Nous avons construit des murs. Les filles étaient debout dans la boue pour faire le torchis. Malheureusement, il n’y avait plus beaucoup d’eau et nous avons dû arrêter de faire ce matériau. Nous avons aussi planté des palmiers. On nous a expliqué que tout le travail que nous avons réalisé, c’était le travail d’un an pour eux ».

Cette expérience dans le Sahara marocain a marqué durablement la Cancoire qui en garde des souvenirs émus. Si elle n’envisage pas forcément de participer à nouveau au trek Elles marchent, Lidwine Torjman garde dans un coin de sa tête l’envie de participer à une aventure similaire. Affaire à suivre ?