Too small to save

« Too small to save !? » La formule reprise par un politique lausannois exprime parfaitement les doutes et les craintes de l’économie locale face aux impacts directs de la pandémie. En opposition au « Too big to fail », qui aida banques et compagnies aériennes, les PME locales sont peut-être trop petites pour être sauvées… Le portemonnaie fédéral s’est ouvert bien vite en proposant un cautionnement de 10, puis de 42 milliards, disponibles quasi immédiatement. Le geste était louable. Les patrons de petites structures se sont rués sur cette manne providentielle en pensant avec soulagement pouvoir survivre le temps de la crise. Geste louable, concept fumeux. Dans un premier temps, les entreprises ont largement usé des outils mis en place par l’Etat fédéral, avec gratitude. Puis est venu le temps de la réflexion et de l’analyse… Qui cautionne quoi ? L’Etat fédéral cautionne les banques pour des prêts à hauteur de 10% du chiffre d’affaires annuel de l’entreprise à un taux de 0% la première année, et remboursable – avec intérêts ! – sur cinq ans. En clair, elles garantissent le risque zéro pour les banques, tout en poussant les PME dans la zone clientèle de ces dernières. Cela laisse songeur… La transparence a ses fédérales limites. A quoi sert ce cautionnement si ce n’est à garantir la survie des institutions bancaires ? Si l’exception d’une pandémie mondiale n’est pas en soi une raison pour des mesures hors du commun, alors Guillaume Tell est un conte danois ! On peut continuer à se perdre en conjectures sur la stratégie générale du Conseil fédéral, où le premier risque incombe aux petites entreprises. Ne nous reste plus qu’à joindre nos mains et prier que nos sages stratèges aient gardé une poire pour la soif…