Sortir du nucléaire: le plus tôt sera le mieux (et le moins coûteux)

Jean Christophe Schwaab  |  Il est inouï de constater que les exploitants des plus vieilles centrales nucléaires au monde (les centrales suisses) demandent au peuple de les autoriser à perdre des centaines de millions de francs pendant plusieurs années encore, alors qu’il ont récemment tenté de céder pour presque rien leurs centrales à un groupe étranger… et vendent nos barrages pour éviter de se retrouver en cessation de paiement!

Soyons clairs: l’énergie nucléaire n’a aucun avenir. Sa dangerosité n’est plus à démontrer, et, contrairement à ce que beaucoup prétendent, ce n’est pas une source d’énergie neutre en CO2, car le transport et le traitement de l’uranium dégagent beaucoup d’énergie «grise». En outre, l’atome ne permet pas l’indépendance énergétique, pour la simple et bonne raison qu’il n’y a pas de mine d’uranium en Suisse. Tout le combustible doit donc être importé à grands frais. Malgré cette évidence, les exploitants des centrales suisses tentent de s’accrocher même s’ils perdent, chaque année, des centaines de millions de francs, car l’exploitation de leurs centrales n’est pas et ne sera plus jamais rentable, même si l’on ne prend pas en compte les coûts de démantèlement et, espérons que ça n’arrive jamais, les frais colossaux en cas d’incident, qui sont notoirement sous-assurés.

Arrêter maintenant ces centrales coûteuses et vieillissantes ne causerait pas de coupure d’électricité: la moitié de la production est déjà à l’arrêt pour cause de problèmes techniques et il est tout à fait possible de tourner sans nucléaire, comme le fait depuis 30 ans le canton de Genève. En outre, pour éviter d’importer de l’énergie «sale», il suffirait de cesser d’exporter celle produite par nos barrages, que les exploitants (les mêmes que les centrales nucléaires) préfèrent vendre au prix fort hors de Suisse. En outre, importer du courant renouvelable coûterait moins cher que produire du courant nucléaire en Suisse. Le 27 novembre, le bon sens impose de voter OUI à la sortie du nucléaire. Les générations futures nous remercieront.

Jean Christophe Schwaab, conseiller national et municipal, Riex (Bourg-en-Lavaux)