Si on vous dit : HarmoS – LEO – ASCL – CODIR, tout est clair ?

Jean-Pierre Lambelet | Pour tenter de bien comprendre ce qui se passe actuellement dans les structures de l’enseignement scolaire en Suisse, il faut revenir au 21 mai 2006 avec l’acceptation par le peuple d’un référendum révisant des articles constitutionnels sur l’éducation.
Il en est découlé un concordat suisse sur l’harmonisation de la scolarité obligatoire entre les cantons suisses ou plus communément HarmoS.
Les 6 cantons romands ont adhéré à HarmoS qui unifie la durée de la scolarité sur 11 ans.
L’élève est scolarisé dès l’âge de 4 ans révolus au 31 juillet.
Le degré primaire dure 8 ans réparti en 2 cycles de 4 ans et le degré secondaire dure 3 ans.
Le 4 septembre 2011, les Vaudois ont voté et accepté la Loi sur l’enseignement obligatoire, en abrégé LEO, qui est entrée en vigueur le 1er août 2013 et s’applique à tous les élèves de tous les niveaux.
Le canton de Vaud a été découpé en 8 régions scolaires et le district de Lavaux est intégré dans la région Lavaux-Riviera qui comprend 13 établissements allant de Montreux à Lutry.
En ce qui concerne les communes de Bourg-en-Lavaux, Chexbres, Puidoux, Rivaz et Saint-Saphorin le principal changement concerne les élèves du cycle secondaire qui étaient dirigés vers Pully pour Bourg-en-Lavaux et vers Vevey pour les quatre autres communes. Comme à Pully il n’était pas possible d’étendre les structures d’accueil, c’est naturellement que Bourg-en-Lavaux s’est tourné du côté des communes du cercle de Saint-Saphorin pour envisager une collaboration.

Du côté de Chexbres, Puidoux, Rivaz et Saint-Saphorin, en regard de l’emplacement du nouveau collège secondaire en Coppet au nord-ouest de Vevey, les responsables ont trouvé préférable à long terme de garder les élèves dans le cercle et d’éviter des déplacements par le train des vignes et à pied depuis la gare de Vevey.
Cette convergence d’intérêts a amené ces cinq communes du centre à se réunir et créer l’Association scolaire Centre Lavaux ou ASCL.
Si ces cinq communes conservent leurs élèves secondaires qui étaient scolarisés à l’extérieur de leurs territoires, cela sous-entend qu’il faudra mettre à disposition de nouvelles classes dans de nouveaux locaux.
Après analyse et inventaire des possibilités de construction en partant du lac jusqu’à Grandvaux et Puidoux, c’est finalement dans la plaine du Verney à Puidoux-Gare que les conditions étaient requises pour faire face à ce nouveau défi.
Un défi de taille puisque de 11 classes secondaires, on passera à 20 pour environ 400 élèves.
L’actuel collège du Verney n’a pas la capacité en nombre de classes, salles de gym et locaux spécialisés pour accueillir la totalité des élèves secondaires de l’ASCL qui auront également la possibilité de manger sur place à midi.
Devant ce constat, les communes ont compris qu’il fallait construire un nouveau collège.
Après l’étude de divers projets, la décision a été prise de détruire la première partie du collège du Verney construite en 1969 par la commune de Puidoux. La deuxième partie datant de 1975 et comprenant présentement des classes, une piscine et une salle de gym sera conservée, mais totalement transformée car la salle de gym sera affectée à d’autres activités.
Dans l’attente de pouvoir investir ces locaux tout neufs en 2017, de nombreux pavillons fleurissent au nord du collège et permettront d’abriter élèves et enseignants durant cette période transitoire.
Qui dit nouveau collège, dit investissement, dit ingénieur, dit architecte, dit entrepreneurs, dit équipement spécialisé, dit mobilier, dit sécurité, dit accessibilité, etc. mais aussi dit factures…! et qui dit factures, dit paiement…!
Si pour la partie purement scolaire le nombre de classes a été assez rapidement planifié, il a bien fallu se rendre à l’évidence qu’une seule salle de gym ne pourrait absorber toute cette nouvelle population d’élèves et qu’il faudrait en construire une plus grande.
Le choix s’est porté sur une parcelle sise à 300 mètres du futur collège en face du centre de tennis Fair Play. La surface à disposition est suffisamment grande pour recevoir un bâtiment comportant trois surfaces de jeu, des gradins, des vestiaires, etc.
En perdant la salle de gym actuelle la commune de Puidoux perd également une salle polyvalente avec scène où se déroulent beaucoup de manifestations extrascolaires (lotos, banquets, concerts, assemblées importantes, etc.)C’est pourquoi, la Municipalité de Puidoux a proposé aux autres communes de prendre à sa charge et en propriété la nouvelle salle de gym, ce qui permettra à la population de continuer à bénéficier de surfaces importantes pour des manifestations extrascolaires.
Après bien des discussions, cette variante est acceptée et c’est ainsi que le nouveau collège passe de la commune de Puidoux dans les mains de l’ASCL au moyen d’un droit distinct permanent (ou droit de superficie) pour l’ensemble du projet, y compris le financement.
La future salle de gym restant à la commune de Puidoux.
Pour mener à bien cet important chantier, un comité directeur (CODIR) a été désigné et comprend des représentants des cinq communes et du directeur des écoles.
En date du 10 juin 2015, le Conseil intercommunal de l’ASCL réuni en séance ordinaire à Puidoux-Village a voté un crédit d’investissement de Fr. 33’860’000.– pour la destruction partielle, la reconstruction et la transformation du collège du Verney à Puidoux-Gare pour y recevoir 20 classes secondaires, 4 classes primaires, une UAPE (Unité d’accueil pour écoliers), un réfectoire, les équipements d’exploitation et le mobilier.
Lors de cette assemblée, l’organisation des transports scolaires a été précisée dans le sens où les élèves secondaires de Bourg-en-Lavaux seront amenés en bus à la gare de Grandvaux où ils prendront le train jusqu’à la gare de Puidoux située à proximité du collège du Verney. Un passage sous voie sera aménagé pour aboutir directement à l’école sans passer par la route.
Pour les élèves primaires de Bourg-en-Lavaux et pour tous les élèves de Chexbres, Puidoux, Rivaz et Saint-Saphorin les transports scolaires habituels continuent de fonctionner.
Et pour les rentrées scolaires de 2015 et de 2016, dans l’attente de pouvoir disposer de l’entier des bâtiments et de locaux tout beaux, tout neufs, Michel Bovard, directeur de l’établissement primaire et secondaire Centre Lavaux, et toute son équipe d’enseignants, ainsi que Jean-François Rolaz, président de l’ASCL, et tous ses collègues du CODIR, pourraient perdre quelques cheveux en solutionnant les multiples questions qui se posent, qu’on leur pose chaque jour ! Car le défi est de taille pour que tout soit prêt à la rentrée 2017…!
Mais un élément important s’est dégagé lors de l’assemblée du 10 juin à Puidoux, c’est le bon état d’esprit de l’ensemble des personnes concernées qui ont à cœur de bâtir une relation solide pour le bien des générations à venir.