Servion – La Course des Ânes au Zoo



La nuit de dimanche, une neige était venue poudrer la terre, comme pour éprouver la constance des hommes ; tout au long du jour, la bise, âpre et mordante, souffla avec une vigueur à rompre les plus fermes volontés. Cependant, rien ne sut entamer l’ardeur de Paul Van der Linden, en sa qualité d’organisateur, il n’enregistra pas moins de mille trois cent cinquante inscriptions, dont trois cent cinquante enfants. Fort peu, en vérité, se désistèrent sous le prétexte du mauvais temps, ainsi qu’il nous le confia. C’était là la seconde édition de cette Course des Ânes. Mais d’où provenait cette appellation singulière ? Les Ânes n’étaient autres que le sobriquet jadis donné aux habitants de Servion ; le nom s’imposait avec une évidence presque naturelle. Devant le Zoo, l’espace y abondait : une vaste esplanade, un large parking, tout se prêtait à l’installation des tentes, celles de l’intendance comme celles de la Jeunesse, chargée d’assurer boissons et victuailles, s’y déployaient sans contrainte.
Céline Bulliard, l’une des directrices du lieu, encourage cette manifestation, soutenue également par la Jeunesse de Servion – Les Cullayes ; elle nous déclara avec une prudence avisée, que l’événement ne devait point coïncider avec le week-end de Pâques, période où l’affluence au zoo se fait considérable.
Déjà, certaines épreuves affichaient complet avant même que le signal du départ ne fût donné. Tel était le cas du Saut du Wallaby, destiné aux enfants de quatre à sept ans sur un kilomètre ; de la Vadrouille de l’Ours brun, pour ceux de huit à douze ans sur deux kilomètres ; et encore de la Marche de Komodo, un parcours de marche nordique de dix kilomètres, accusant cent soixante mètres de dénivelé.
Quant aux autres courses, elles offraient aux participants une diversité d’efforts propres à satisfaire les tempéraments les plus variés : la Balade du Manchot, cheminant en forêt sur cinq kilomètres avec cent mètres de dénivelé ; l’Envolée de l’Ibis, longue de dix kilomètres pour cent soixante mètres de dénivelé ; l’Equipée de Loups, relais familial de dix kilomètres, augmenté d’un parcours supplémentaire, et présentant une élévation identique ; la Piste du Tigre, un trail forestier de quinze kilomètres pour trois cent vingt mètres de dénivelé ; enfin, le Lion du Jorat, rude épreuve de trente kilomètres, avec sept cents mètres de dénivelé, où les plus aguerris trouvaient matière à éprouver leur endurance et à préparer leur saison.
Cette course s’inscrit dans le programme d’Helvetica Trail, organisme chargé de la gestion des épreuves pédestres en Suisse romande. Et déjà, avec cette ardeur qui distingue les esprits entreprenants, Paul Van der Linden nous confiait qu’il préparait l’édition de l’année suivante avec peut-être des surprises…


