Servion – Augmentation chez les pensionnaires du zoo

Les naissances vont bon train cette année

Thomas Cramatte | Le coronavirus n’aura pas empêché la vie de continuer au sein du parc animalier. Ce printemps, plusieurs pensionnaires se sont reproduits à l’abri des regards. Coïncidence ou en lien avec les restrictions fédérales, les nombreuses naissances feront la joie des visiteurs à partir du 6 juin.

Le petit mouflon ne quitte pas sa mère d’une semelle
Deux petits bisons viennent agrandir le troupeau
Les quatre petits marcassins sont plein d’énergie

Nouveaux arrivants

Une nichée de renards polaires, 2 cygnes, 4 marcassins, 1 mouflon et 2 bisons sont venus agrandir la famille du zoo. Des naissances d’autant plus réjouissantes qu’elles n’étaient pas forcément attendues. « Ce fut une grande surprise de voir ces petits. La femelle marcassin est très jeune et nous ne pensions pas qu’elle aurait une portée dès sa première année », raconte Roland Bulliard, directeur du parc. En 30 ans, les gardiens du zoo n’ont pas le souvenir d’avoir observé une telle activité gestationnelle. Des naissances inattendues qui pourraient s’expliquer par le calme régnant depuis la fermeture du 15 mars. « Le confinement a probablement amené plus de tranquillité sur une période. Pour les humains, il y a un effet de baby-boom après une panne d’électricité et pour les animaux c’est la panne de visiteurs » rigole Roland Bulliard. Pourtant, les débuts du confinement ne laissaient pas forcément présager toutes ces bonnes nouvelles. En effet, un changement de comportement a été constaté chez une grande partie des animaux, devenus soudainement plus timides. « Pendant 2 ou 3 semaines, les animaux se sont reclus dans leurs tanières. On a remarqué que, d’une certaine manière, les visiteurs amusaient les animaux. Ces derniers ont souffert peut-être d’ennui au début de la fermeture », résume Roland Bulliard. Heureusement, le confinement a eu peu d’impact sur la santé des animaux et les naissances démontrent que la vie a repris son cours.

Roland Bulliard, Directeur du parc animalier de Servion

Finances et pandémie 

Le zoo n’était cependant pas absent de toute présence humaine. Les pensionnaires nécessitant toujours d’être nourris et soignés, les dix gardiens d’animaux ont dû poursuivre leur travail. En revanche, la partie restaurant n’a pas été maintenue et le directeur a mis les 16 employés au chômage partiel. Un problème inhérent à tous les zoos romands, amputés de recettes alors que les charges financières restent pratiquement les mêmes. Les sept structures que compte la Suisse romande se sont ainsi regroupées pour faire une demande d’aide à la Confédération. Cette requête a été transférée au canton il y a un mois suite à la réponse négative du gouvernement. « Nous n’avons à ce jour pas eu de réponse » informe le directeur. Privé d’entrée d’argent, Roland Bulliard a réalisé un prêt Covid sans intérêts pour ne pas être en manque de liquidités. «Au début des restrictions, nous ne savions pas combien de temps la situation allait durer.» Malgré une gestion prudente et les 150’000 visiteurs par an, la saison s’annonce toutefois incertaine. Néanmoins, la fermeture du zoo n’aura pas eu que des points négatifs. Ce temps de pause forcée aura permis d’avancer certains travaux conséquents sans avoir à se soucier de démonter les échafaudages ou de faire attention aux visiteurs. « En temps normal, nous n’avons aucun jour de fermeture. Pour les travaux plus conséquents, c’est vite compliqué. On a ainsi profité de faire un rafraîchissement au restaurant, c’était un gain de temps ». Le directeur relève également un grand élan de solidarité de la part des habitants de la région, qui l’a beaucoup touché. De nombreuses personnes ont en effet proposé des dons spontanés afin de venir en aide au parc qui ne touche aucune subvention. 

Réouverture en demi-teinte

2020 sera synonyme de chamboulement pour le parc animalier. Plusieurs groupes de visiteurs sont pour l’instant reportés, c’est le cas notamment des courses d’école qui n’auront pas lieu cette année. Si les trois mois d’interruption n’ont pas plongé l’établissement dans la faillite, les pertes seront difficiles à rattraper. Toutefois, si l’été reste sous le signe du soleil, il sera possible de limiter les dégâts et de finir l’année sur une note plus positive. Même si pour l’heure les parcs animaliers romands n’ont pas encore reçu toutes les directives de réouverture (sens de visite, plexiglas, matériel sanitaire, etc), Roland Bulliard et tous les animaux du zoo se réjouissent du retour des visiteurs le
6 juin prochain.