Scio me nihil scire,  «Je sais que je ne sais rien»

Ana Cardinaux-Pires  |  Il était une fois… voilà comment commence l’histoire que je vous raconte. Je l’ai lue il y a de cela bien des années, depuis beaucoup d’eau s’est écoulée dans la rivière en question…

Deux hommes cheminaient au bord d’un fleuve, l’un des deux qui s’estimait savant disait être en possession d’un grand savoir et ajoutait: «Moi, je sais tout», s’avançant dans des explications compliquées et très techniques sur tel ou tel sujet que lui seul était censé comprendre. A ses côtés son compagnon, le dos courbé, gardait le silence.

Un peu plus loin, alors que le savant continuait à se vanter tout en gesticulant, il s’approcha dangereusement du bord et l’inévitable arriva, il tomba à l’eau.

– Au secours, aidez-moi, je me noie, criait-il à son camarade resté bouche bée au quai, et qui lui lança ironiquement:

– Eh bah ! vous ne savez donc pas tout, pardi, puisque vous ne savez point nager…

La maxime attribuée au philosophe grec Socrate «Je sais que je ne sais rien», en latin scio me nihil scire, illustre joliment ce conte.