Savigny – Démission du chef du groupe PS pour rupture de confiance
Il siégeait depuis 2013 au sein du Conseil communal de Savigny, et venait d’être nommé chef du groupe socialiste au sein de ce plénum. Stéphane Kay a annoncé sa démission du Conseil communal pour le 1er juillet 2026. « La confiance a été brisée, c’est pour moi une valeur fondamentale, c’est ce qui permet d’avancer, de travailler ensemble. Si la confiance est rompue, plus possible d’être serein » .

Texte et photo de Fabian Rousseau | Cette décision fait suite au premier conseil d’installation de la législature 2026-2031 du Conseil communal de Savigny. Lors de cette séance, il était question de voter pour la désignation des membres des différentes commissions, notamment celle de la commission des finances. Pour préparer ce conseil d’installation, comme le veut la tradition, les chefs de groupe des différents partis se sont réunis le 18 mai afin de répartir les forces de chacun dans ces commissions. Il a alors été convenu que dans la commission des finances, le PLR envoie trois de ses représentants, l’entente deux, les verts et les socialistes un chacun. Coup de théâtre lors du premier conseil, le groupe PLR a décidé de présenter quatre candidats, contre la candidate socialiste Katia de la Baume, déséquilibrant ainsi les forces en présence selon Stéphane Kay. « Il y a deux articles dans le règlement du Conseil communal (art. 108 et 44 al.2) qui précisent qu’il faut une répartition des forces politiques, selon le résultat des votes, au sein des différentes commissions. Nous avons donc (les chefs de groupes) établi un tableau de répartition que tout le monde a accepté. »
Sréphane Kay a découvert ce changement à la suite du Conseil communal car il n’était pas présent : « j’avais informé de mon absence car mon fils avait sa remise de diplôme, je n’étais pas là, je n’ai pas pu appuyer le chef de groupe vert qui lui était présent et minoritaire lors de la séance d’installation, c’est comme un coup de couteau dans le dos. » Il poursuit « Alors que le protocole de séance devait être soigné selon les circonstances, on m’avait appris qu’il y avait des secrets sur le déroulement, le matin même de la séance : ne pouvant y assister, je l’avais en travers de la gorge. »
Autre coup de théâtre également, selon les accords des chefs de groupe, la présidence de la commission d’urbanisme devait revenir à la gauche et à Stéphane Kay, qui a permis la création de ladite commission. « Je ne démissionne pas parce que je n’ai pas eu la présidence de la commission d’urbanisme » nous précise l’ancien chef de groupe, « Il y avait “deal” : la droite à la présidence de la COFIN, la gauche à la présidence de l’Urbanisme comme lot de consolation. J’avais admis d’emblée la présidence des Verts à l’Urbanisme, le fait que je ne sois pas élu ne me pose pas de problème. En revanche, le “deal” gauche/droite n’a pas été respecté, ce que n’a pas manqué de rappeler le chef de groupe des Vert.e.s lors de la séance. »
Stéphane Kay nous parle aussi de confiance interne qu’il pense avoir rompu au sein de son groupe, il est clair : sa démission n’est pas du tout un acte émotionnel : « ça sert à rien de se battre contre des moulins à vent, la démonstration de force est difficile à soutenir. Je préfère me préserver et me recentrer, en agissant de façon forte par mon départ immédiat, même si je me sens coupable vis à vis de mon groupe qui m’a fait confiance. Ma démission est plus un acte symbolique face à des règles du jeu qui semblent être interprétées au gré de la majorité, et devant le constat d’une collégialité du Conseil désormais rompue. »
Il nous précise également : « je suis vraiment déçu pour Katia de la Baume, elle méritait vraiment sa place au sein de la commission des finances, certains ont voulu la dégager à cause d’une histoire personnelle au détriment du respect du règlement et de la collégialité. Elle ne méritait pas ça. » Le groupe socialiste n’ayant pas de viennent-ensuite, il devra proposer au Conseil le nom d’un remplaçant pour son ancien chef de groupe démissionnaire lors du prochain Conseil du 26 octobre 2026.



