Course au Conseil d’Etat vaudois : le coup d’envoi est donné !
Le billet de Fabian Rousseau

Ça y est ! La course est officiellement lancée pour occuper l’un des sièges au château Saint-Maire à Lausanne. Ils sont déjà nombreux à s’être lancés dans l’aventure pour devenir, l’année prochaine, conseiller ou conseillère d’Etat vaudois.
Fabian Rousseau | La conseillère d’Etat socialiste sortante, Nuria Gorrite, vient d’annoncer chez nos confrères du Journal de Morges qu’elle ne se représenterait pas à sa propre succession. La bataille est donc ouverte chez les socialistes, qui devraient normalement faire liste commune avec les Vert·e·s vaudois lors de la traditionnelle alliance de gauche.
Le casse-tête du ticket socialiste : qui pour accompagner Roger Nordmann ?
Si le ministre Vassilis Venizelos a déjà annoncé sa candidature pour le mouvement écologiste, tout reste ouvert pour les camarades du parti à la rose. En effet, sauf surprise incroyable, le conseiller d’Etat sortant Roger Nordmann devrait se représenter. Mais aux côtés de qui ?
La Nyonnaise Jessica Jaccoud apparaît comme la grande favorite pour être sur le ticket. Cependant, il est de tradition que le PS et les Vert·e·s présentent une liste à trois socialistes et un écologiste. Qui sera donc le troisième mousquetaire du PS ?
Une surprise venue de notre district ?
Et si l’on se dirigeait vers une surprise locale ? On pourrait notamment penser à une candidature de la députée Muriel Thalmann, qui siège depuis 2015 au Grand Conseil et possède une solide expérience du pouvoir cantonal. Au vu des statuts de son parti, elle devrait demander au congrès du PS une dérogation pour se représenter au Grand Conseil, mais pas pour le Conseil d’Etat ; une occasion idéale pour cette femme d’expérience de tenter le pari.
On peut également tourner le regard vers Bourg-en-Lavaux et son municipal Jean-Christophe Schwaab. Son nom était régulièrement cité lors de la succession de Rebecca Ruiz, mais il avait alors préféré se consacrer aux élections communales. L’ancien président de la commission de justice du Conseil national saisira-t-il cette fois l’opportunité de se présenter ?
Les autres forces en présence au PS
D’autres candidatures sont tout à fait possibles, notamment : Stéphane Montangero, le président sortant du Grand Conseil, Romain Pilloud, nouveau municipal de Montreux et ex-président du PS vaudois, Sébastien Cala, ancien challenger de Nordmann et président du groupe PS au Grand Conseil et Samuel Bendahan, le Lausannois toujours favori, mais jusqu’ici jamais candidat.
La gauche de la gauche face au piège de la division
Autre suspense à suivre à gauche : la stratégie qu’adoptera le bloc radical. S’ils siègent dans le même groupe au Parlement, ils étaient partis divisés lors des élections de 2022 sur des listes différentes, avec deux popistes d’un côté et quatre candidats d’Ensemble à gauche de l’autre.
Suite au bon score d’Agathe Raboud Sidorenko en mars dernier, la gauche de la gauche peut espérer réitérer une belle performance l’année prochaine. Toutefois, la division de leurs mouvements respectifs pourrait grandement les desservir. Rien n’est pour l’instant officiel, mais au vu des nombreux petits partis présents dans la coalition Ensemble à gauche, il n’est pas certain qu’il reste une place pour leurs camarades du POP vaudois.
À droite, l’Union sacrée du PLR et de l’UDC
Du côté de la droite, la situation s’annonce nettement plus simple. Les trois ministres PLR sortants ont d’ores et déjà annoncé dans nos colonnes, la semaine dernière, qu’ils se présenteraient unis pour leur réélection : la présidente du Conseil d’Etat Christelle Luisier Brodard, ainsi que ses collègues Isabelle Moret et Frédéric Borloz. Il n’y aura donc pas de guerre interne chez les Libéraux-Radicaux vaudois.
Même sérénité chez leur partenaire de l’UDC, où Jean-François Thuillard s’impose comme le candidat naturel du parti agrarien après son excellent score de mars dernier. Ces deux partis sont déjà en lice pour porter à nouveau les couleurs de l’Alliance vaudoise.
L’inconnue du Centre et l’ambition des Vert’libéraux
La question est désormais de savoir si l’Alliance vaudoise partira à deux ou si elle intégrera Le Centre. En effet, on sait que le PLR a pris ses distances avec Valérie Dittli, et on ignore aujourd’hui si la ministre du Centre vaudois se représente ou non. Elle doit se déclarer avant le 11 août pour réclamer l’investiture de son parti. En cas de renoncement, la conseillère nationale Isabelle Chappuis se tient prête à la remplacer, ce qui pourrait grandement apaiser les tensions avec l’Alliance vaudoise.
A moins que cette dernière alliance ne change de visage en accueillant en son sein les Vert’libéraux, qui ont déjà choisi la conseillère communale de Lausanne, Virginie Cavalli. Mais on connaît le désamour actuel entre les écologistes de droite et l’UDC : arriveront-ils à se réconcilier pour permettre aux Vert’libéraux de siéger au château cantonal ? A moins que les deux courants centristes ne décident de partir seul à la conquête sans passer par l’Alliance de la droite et du centre.
Les candidatures de témoignage fidèles au rendez-vous
Il y aura aussi sûrement de nombreuses candidatures plus anecdotiques, à l’image de celles de 2022 lors de l’élection de Christelle Luisier Brodard, où le parti Pirate, la Grève du climat et Toto Morand étaient candidats. Ces candidatures de témoignage ont toujours été bien vivantes dans notre canton.
En tout cas, cette élection 2027 s’annonce passionnante, sportive, et nous réserve assurément de nombreuses surprises qui façonneront l’avenir de notre canton.



