Saint-Saphorin – Le panorama et les panneaux
Conseil communal du 23 juin

On a beau être petit, on a les mêmes intérêts que les grands. Il s’agissait de présenter au Conseil des résultats financiers qui tiennent la route, sans pour autant compromettre la qualité des prestations. Pour 2025, exercice réussi. Les comptes bouclent avec un excédent de revenu sur les charges de CHF 636’000 et une solide marge d’autofinancement de CHF 672’000. Globalement, on note 2,9 millions de revenu d’exploitation contre 2,2 millions de charges totales. Au budget, les revenus fiscaux sont plus hauts que prévu (+ 300’000) ; à quoi s’ajoute une subvention cantonale de CHF 591’000 pour la réfection de la route principale.
Mais St Saphorin, ce n’est pas que des chiffres comptables. Ce sont 393 résidents principaux, une petite communauté démographique où l’on vient (47 arrivées), que l’on quitte (50 départs) ; où l’on naît (4 naissances) où l’on meurt (2 décès), où l’on trinque (3000 kilos de chasselas récoltés dans les vignes communales.) C’est un village sur la liste des plus beaux villages de Suisse, ce qui implique quelques contraintes au niveau de l’urbanisme.
Des panneaux discutés
La demande d’un crédit d’étude de CHF 22’000 a fait débat. Il s’agissait d’une demande de crédit pour l’avant-projet d’une barrière photovoltaïque le long de la route du lac. Il a été accepté de justesse par la majorité du Conseil. L’idée est intéressante. Il s’agit de développer une production locale et renouvelable d’électricité solaire pour alimenter l’ancien collège et créer des bornes de recharge pour véhicules électriques. Des panneaux photovoltaïques, chromatiques, seraient installés sur la barrière le long de la route du lac.
Il y a le soleil, il y a les besoins, il y a le souci d’une politique énergétique plus responsable. Mais il y a aussi la vue et c’est là que le bât blesse. Les panneaux photovoltaïques sont opaques, noirs le plus souvent. Ils ont un impact visuel certain, doublés d’un aspect phonique peu désirable.
La barrière actuelle est neutre dans le panorama, quasi transparente, alors que les panneaux photovoltaïques par leur opacité font muraille. Le premier projet a été refusé d’où la demande de la Municipalité d’un crédit d’étude destiné à vérifier la faisabilité architecturale, patrimoniale, technique et financière du projet. Le crédit doit permettre l’établissement d’un avant-projet et de variantes intégrant les aspects architecturaux et paysagers.
Les opposants disent non à une nouvelle atteinte à l’environnement : éoliennes dans le Jura ; panneaux photovoltaïques dans le vignoble, ça suffit ! Les pros solaires disent oui à une évolution souhaitée par beaucoup. Les gens de St Saphorin avancent prudemment dans ce choix épineux porteur d’idéologie et d’innovation. On se réjouit de voir le résultat de ces cogitations dans le microcosme d’une commune vigneronne .



