Quatre Vaudois en Ovalie…

Jean-Pierre Lambelet | Bon, vous me direz, c’est où l’Ovalie ?
Eh ben, c’est un pays assez loin du canton de Vaud, peuplé de solides gaillards (on dit aussi beaux bébés) qui sont bourrés de muscles juste là où il faut pour accomplir des travaux de titans. Ce pays est tellement grand qu’on trouve des indigènes sur presque toute notre planète, mais plus particulièrement dans l’hémisphère sud, les pays anglo-saxons et dans le sud de la France. Et bien sûr qu’il s’en trouve aussi des émigrés un peu partout…
Vous l’avez bien compris, l’Ovalie c’est le monde du rugby.

Que diable peuvent faire quatre Vaudois dans ce monde où on ne skie pas, ne joue pas au foot ou aux quilles…?
Pour infos, les quatre sont estampillés 100% Vaudois, de la vallée de Joux à Lavaux. Mais, il suffit que l’un des quatre eusse préféré naître au pays de la belle Albion et se nourrir au sein du Commonwealth sous le regard bienveillant de la reine Elizabeth pour qu’il entraîne ses copains au Championnat du monde de rugby en Angleterre.
Ils vont donc faire face à plusieurs défis d’importance:
1. trouver un billet pour des matches;
2. trouver un hôtel si billets il y a;
3. comprendre les règles du rugby;
4. que faire entre les matches suivant l’endroit de ceux-ci ?
5. calquer ses habitudes sur celles des Ovaliens, et comme notre Vaudois so britiche s’est bien débrouillé pour dégoter quatre billets pour deux matches à Newcastle, les voilà embarqués au nord de la Grande-Bretagne pour voir les Africains du Sud mettre une pâtée aux Ecossais et les Néo-Zélandais atomiser les Tongiens. Défi no 1 en ordre.
Dans le quatuor, il y a trois golfeurs dont un retraité qui fait office d’agence de voyage, donc il n’y a pas eu de problèmes pour relever les défis nos 2 et 4. Ainsi équipés de leurs habits de pluie, ils ont découvert la campagne anglaise et les bords de mer d’ailleurs magnifiques…
Pour le défi no 3, on prendra rendez-vous pour une autre fois car en résumé vraiment succinct, le jeu consiste à tenter de faire progresser le ballon ovale vers l’avant par des passes en arrière afin de marquer des points grâce à un essai, un drop ou une pénalité due à une faute adverse, tout ceci en tentant d’empêcher l’adversaire d’en faire autant… Jusque-là ça va ! C’est dans les détails que se cachent les subtilités pour le plaquage (souvent costaud…), la remise en touche, la mêlée, etc.
C’est peut-être au défi no 5 que la bande des quatre a eu le plus de peine.
En effet, le rugbyman est un sportif bien bâti, plutôt carré sur le haut avec des cuisses permettant de pousser fort, de sauter haut, de courir vite et de résister à des charges conséquentes…
Or, les formes de nos quatre gaillards sont plus particulièrement concentrées sur le centre du corps, très près de la ceinture… Donc, sur le plan physique, si le poids est identique, la répartition est en faveur du rugbyman!
Par contre, en tant que supporters, il est possible de se rapprocher du vrai supporter, mais seulement de se rapprocher, car pour en devenir équivalent, il faut carrément changer notre manière de boire tant sur le plan du produit que de la quantité. Comme un des sponsors principaux de ce championnat du monde est une marque de bière néerlandaise (une petite verte…), il s’en boit au minimum quatre par match pour un supporter débutant!
En résumé, avec les règles du jeu et la boisson, il y a encore du boulot…!
Par contre, l’ambiance dans les stades et en dehors des stades est absolument fantastique et les supporters des deux camps sont d’une gentillesse, d’un humour et d’une sportivité que l’on aimerait rencontrer sur tous les terrains de sport du monde.